Instant classique – 3 juin 1896… 123 ans jour pour jour. Lors d’un même concert privé à Prague, le 3 juin 1896 et sous la direction d’Antonin Bennewitz, Antonín Dvořák présente trois poèmes symphoniques qui comptent parmi ses grands chefs-d’œuvre.

Je vous ai déjà raconté l’histoire de l’Ondin, voici l’opus suivant, La Sorcière de midi. Tout aussi horrible que l’Ondin, ce conte musical est à l’origine un poème de Karel Jaromír Erben, racontant l’histoire d’une mère qui se promène dans la campagne avec son enfant. Celui-ci gémit et pleure, comme le montrent le staccato du hautbois (on entend d’ici les « quand est-ce qu’on rentre ? », « J’ai faim », « J’ai soif », « J’ai mal aux jambes », « Je m’ennuie », etc., etc. Ça ne vous rappelle rien, chers parents ?).

Dans le cas présent, la mère menace son enfant de l’arrivée de la sorcière de midi s’il ne cesse pas de gémir. Et évidemment, il ne cesse pas. Les sorcières, c’est comme les fantômes ou le Père Noël, hein. Les enfants d’aujourd’hui diraient même : « une sorcière ?? Chouette ! ». Donc l’enfant ne cesse pas de geindre. Et crac, voilà que déboule la sorcière en question.

La mère, terrifiée, prend son enfant dans ses bras pour le protéger pendant que la sorcière danse devant eux. Elle danse de façon si vulgaire et menaçante que la mère serre son enfant toujours plus fort, toujours plus fort, toujours plus fort…. jusqu’à l’étouffer alors que sonne midi à la cloche du village voisin. Lorsque le père survient, il est trop tard…

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »