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30 octobre 1957 : Chostakovitch et la déception tragique d’un peuple envers ses dirigeants

30 octobre 1957 : Chostakovitch et la déception tragique d’un peuple envers ses dirigeants
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Instant classique – 30 octobre 1957… 61 années jour pour jour. « Bien qu’intitulée “L’année 1905”, [la 11e symphonie] se rapporte à un phénomène actuel : il y est question du peuple qui a perdu la foi. Car il y a vraiment eu trop de crimes commis ».

Dimitri Chostakovitch écrit ces lignes dans ses Mémoires, à propos de cette 11e symphonie, créée il y a tout juste soixante et un ans à Moscou, sous la direction de Natan Rakhlin.

En pleine déstalinisation, la phrase du compositeur prend tout son sens et elle ne l’a pas perdu depuis. Car s’il avait échappé aux manifestations les plus concrètes de l’horreur stalinienne, il en avait subi mille vexations, menaces, contraintes (à l’autocritique publique, à la réfaction de ses œuvres…) et, bien sûr, censure.

Au départ, la symphonie était destinée à célébrer le quarantième anniversaire de la révolution d’Octobre, mais a été dédiée à cette année 1905, celle du premier soulèvement annonciateur de la fin de la monarchie, violemment réprimée par le régime tsariste.

Elle se décompose en quatre mouvements à programme : un adagio (la place du Palais, théâtre du Dimanche sanglant), un allegro (le 9 janvier, qui décrit la marche des manifestants et la fusillade), un largo (intitulé « Mémoire éternelle ») pour célébrer les victimes et cet allegro non troppo (« le Tocsin »), qui montre la colère rageuse des survivants, sur la base de deux chants révolutionnaires célèbres, « Enragez, tyrans » et « la Varsovienne ». Un adagio central y rappelle l’atmosphère initiale avant le finale très solennel , avec ses cloches, ne décrit aucun triomphe mais annonce plutôt la fin des tyrans.

Cette symphonie obtint l’année qui suivit sa création le prix Lénine. L’extrait choisi ici permet de rendre hommage à un très grand chef russe, ami de Chostakovitch et récemment disparu, Gennadi Rozhdestvenski, qui va vous réveiller si besoin.

Cédric MANUEL



À chaque jour son instant classique !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »



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