31 janvier 1933 : Britten, 1er acte

31 janvier 1933 : Britten, 1er acte
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À seulement 18 ans, Britten compose une petite symphonie qui frappe par son extraordinaire maturité. En trois mouvements, elle invite à lâcher prise, jusqu’à cette tarentelle qui fait penser à une danse vénéneuse et macabre.

J’aurais pu vous présenter l’œuvre du jour pour l’anniversaire de Benjamin Britten, puisqu’il s’agit de son tout premier opus. Mais voilà, nous ne sommes pas le 22 novembre et j’avais quand même envie de vous parler de cette Sinfonietta, pour petit ensemble (dix instruments).

Britten la compose en trois semaines, au début de l’été 1932. Il a dix-huit ans et se trouve encore au Royal College of Music de Londres, où il étudie la composition avec le compositeur (assez conservateur) John Ireland. En 1932, les audaces de la seconde École de Vienne, emmenée par Schönberg, sont évidemment bien connues, mais rejetée avec vigueur par le RCM, qui empêche ainsi Britten d’étudier avec Alban Berg.

C’est dire si cette première partition cataloguée de Britten a dû agacer son professeur Ireland, mais aussi d’autres compositeurs comme Vaughan Williams (à la musique pourtant elle-même souvent audacieuse, mais jamais selon les concepts dodécaphoniques et atonaux). En revanche, elle intéresse vivement un autre des professeurs de Britten, Frank Bridge. Ce compositeur et altiste est en effet de ceux qui sont passés du côté lumineux au côté obscur de la force pour les uns, et inversement pour les autres. Bridge encourage donc Britten à poursuivre ainsi, à explorer d’autres horizons.

Britten sera toujours reconnaissant à Bridge pour cela et pour son enseignement en général. Il lui dédie fort logiquement sa partition.

Cette dernière, pour épouser les principes de la seconde École de Vienne, n’en est pas moins accessible. Ce qui frappe, c’est son extraordinaire maturité pour un musicien de son âge. En trois mouvements, elle vous conduit bientôt à lâcher prise, jusqu’à cette tarentelle qui n’a finalement rien de festif, mais qui a au contraire quelque chose d’inquiétant. Elle fait penser à une danse vénéneuse et macabre.

Voici le tout par les instrumentistes de l’orchestre de chambre Gustav-Mahler, ici en concert en 2013 dans le merveilleux Concertgebouw de Bruges (et non, il n’y a pas que celui d’Amsterdam… d’ailleurs toutes les salles de concert sont par des définition des Concertgebouw, puisque c’est ce que ce mot signifie en néerlandais, comme en flamand).

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »



 

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