4 juin 1914… 107 ans jour pour jour – Avec cette courte œuvre pour orchestre, Sibelius nous fait plonger dans les profondeurs avec les nymphes, au moyen de jeux de timbres vraiment uniques et impressionnants.

Jean Sibelius n’a fait qu’un seul voyage aux États-Unis durant sa longue vie. C’était pour une tournée autour du Festival de Norfolk, au printemps 1914. Dans cette perspective, il avait écrit une courte partition originale pour orchestre durant l’hiver 1913-1914, qui porte comme titre Les Océanides. Il y a eu trois versions de l’œuvre et chaque version a perdu un mouvement jusqu’à n’en garder qu’un seul, créé donc voici cent sept ans.

En finnois, le titre (Aallottarett) se traduirait plutôt par « Nymphe des océans », presque au sens des sirènes d’Homère davantage que l’Ondine de la mythologie scandinave.

L’œuvre de Sibelius fait clairement penser à Debussy, par son symbolisme impressionniste, finalement assez rare chez lui, même si, comme on sait, son tempérament évocateur est parmi les plus fascinants qui soient. Contrairement à Debussy, qui nous fait entendre la mer de l’extérieur, Sibelius nous fait plonger dans les profondeurs avec les nymphes, au moyen de jeux de timbres vraiment uniques et impressionnants, parfaitement rendus par l’un des très grands spécialistes de Sibelius, le discret (et regretté) Paavo Berglund.

Cédric MANUEL



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Rubrique : éphéméride