Instant classique – 4 novembre 1908… 112 ans jour pour jour. Disciple de Schönberg, Anton Webern compose à 25 ans son premier opus, une œuvre aux frontières de la tonalité, mais encore très abordable.

Anton Webern a vingt-cinq ans lorsqu’il compose son premier opus, après quelques années d’apprentissage auprès de Schönberg, dont il fut l’un des premiers disciples. C’est son premier opus car ce jeune homme solitaire et ombrageux n’en a reconnu aucun autre auparavant.

Donc, pour sa première œuvre acceptée, Webern se situe aux frontières de la tonalité, suivant en cela les préceptes de son maître. La passacaille fait référence à une forme musicale ancienne, d’origine espagnole, danse à trois temps normalement plutôt lente. Elle suppose d’effectuer des variations autour d’une basse qui constitue le thème. On l’entend ici en sourdine, pizzicato : huit notes qui ne sont jamais répétées. Suivent vingt-trois variations très brèves, puis une coda, plus vaste.

C’est là l’une des œuvres les plus longues (une dizaine de minutes…) et les moins compliquées du compositeur, qui évoluera vers un style d’une grande sécheresse, totalement dépouillé, très difficile (en tout cas pour moi). Le concert qu’il dirige lui-même voici cent douze ans ne constituera pas l’énorme scandale que sera le suivant quelques années plus tard pour les six pièces pour orchestre. Ici, il est encore très abordable et même presque exubérant dans la coda, et pourtant, jugez plutôt…

On comprend que ce musicien hors de toutes frontières ait beaucoup souffert de sa carrière de chef d’orchestre… d’opérettes viennoises…

Cédric MANUEL

 



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