Instant classique – 4 octobre 1917… 103 ans jour pour jour. Edward Elgar compose l’une de ses œuvres les plus monumentales à partir des poèmes de l’écrivain anglais Laurence Binyon : une cantate pour soprano, chœur et orchestre, qui impressionne beaucoup le public et les critiques.

Edward Elgar choisit les poèmes de Laurence Binyon, notamment ceux de The Winnowing fan, qui datent du tout début de l’été 1914, pour composer l’une de ses œuvres les plus monumentales, en pleine guerre. Il s’agit d’une cantate pour soprano (ou ténor), chœur et orchestre, qu’il appelle « The spirit of England ». Il est dédié aux enfants de Worcester (la ville d’Elgar), tombés au front.

On compte trois mouvements : « Le 4 août », date de l’entrée en guerre, le superbe « Aux femmes » et enfin le poignant « Pour ceux qui sont tombés », véritable requiem que j’ai choisi ici. Après avoir dirigé les deux premiers mouvements à Leeds dès 1916, Elgar lui-même conduit la création intégrale à Birmingham voici tout juste cent trois ans.

L’impression sur le public et les critiques est forte, même si certains soulignent que ce n’est pas son œuvre la plus inspirée. D’autres y voient une partition « impérialiste » (allons bon). C’est une musique de cérémonie, comme Elgar les affectionnait et pour lesquelles il a écrit des pages qui sont devenues de véritables hymnes nationaux. Ce n’est pas vraiment le cas ici, malgré ce que le titre aurait pu laisser supposer et malgré la solennité des dernières mesures, marche funèbre qui s’éteint dans la nuit.

Sir Mark Elder en dirigeait ici une version inspirée avec l’orchestre Hallé de Manchester en novembre 2014.

Cédric MANUEL

 



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »