4 octobre 1936 : Dvořák retrouvé

4 octobre 1936 : Dvořák retrouvé
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Instant classique – 4 octobre 1936… 83 ans jour pour jour. Ce 4 octobre 1936, Antonín Dvořák est mort depuis plus de trente-deux ans. C’est pourtant un petit événement qui agite ce soir-là la foule qui se presse au théâtre de Brno. L’orchestre, sous la direction de Milan Sachs, va en effet créer une symphonie totalement inédite du grand compositeur tchèque, la toute première qu’il ait écrite, soixante-dix ans auparavant.

Il faut dire qu’on la croyait perdue. Dvořák lui-même avait dit qu’il l’avait détruite et ne l’avait jamais retouchée après sa composition. Il l’avait réalisée en quelques semaines en 1865, alors qu’il n’avait pas encore vingt-quatre ans, pour participer à un concours d’œuvres symphoniques en Allemagne. Mais il n’avait pas été retenu (!) et la partition ne lui avait pas été retournée. Le compositeur ajoutant par ailleurs qu’il l’avait réduite en cendres, on ne se posa pas plus de questions. Jusqu’en 1923, date à laquelle un professeur de violon, Jindrich Feld, découvre par hasard dans les archives d’un certain Rudolf Dvořák (qui par un extraordinaire effet du hasard n’a aucun lien connu avec le compositeur) une partition complète, celle de cette première symphonie de Dvořák.

On lui donne le titre de « Cloches de Zlonice », petite ville de son enfance, et dont il cite à l’orchestre ces cloches très brièvement dans le 1er mouvement. Mais rien n’est certain, puisque ce titre ne figure pas sur la partition originale. Il vient d’un bout de papier retrouvé dans les archives du compositeur et qui place les cloches de Zlonice aux côtés de la symphonie. Il n’en fallait pas plus pour la baptiser !

C’est curieusement la symphonie la plus longue des neuf écrites par Dvořák, qui fait preuve dans cette œuvre d’une maîtrise bien plus que prometteuse même s’il est un peu trop bavard ici ou là. On y reconnaît déjà fort bien ce qui fera son style, et en premier lieu un merveilleux sens mélodique.

Voici selon moi le plus bel extrait de la symphonie, son second mouvement « adagio molto ». Le finale agité est aussi assez entrainant, si vous avez l’occasion d’aller y jeter deux oreilles.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »



 

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