fbpx

Sélectionner une page

5 avril 1877 : un Gounod « sans fibre dramatique » ?

5 avril 1877 : un Gounod « sans fibre dramatique » ?
Publicité

Instant classique – 5 avril 1877… 142 ans jour pour jour. Après l’énorme triomphe de Roméo et Juliette, Charles Gounod avait juré de ne plus composer pour la scène. Il rompt cependant assez vite cette résolution en adaptant le Polyeucte de Corneille.

Cet opéra connaîtra une histoire tellement mouvementée et rocambolesque qu’il serait trop long d’expliquer pourquoi le projet suivant de Charles Gounod sera créé avant. Ce nouveau projet, c’est l’adaptation du Cinq-Mars de Vigny, que Gounod entreprend en 1876. Pour la première fois depuis vingt ans, ce ne sont pas les duettistes Barbier et Carré qui réalisent le livret (Barbier était mort quelques années auparavant), mais Paul Poirson et Louis Gallet.

La création, à l’Opéra-Comique, il y a cent quarante-deux ans, est un succès, mais loin d’égaler celui de Roméo et Juliette et qui, surtout, restera sans lendemain. L’œuvre tombe dans le plus parfait oubli pour n’en ressortir qu’à l’occasion de récitals pour l’air de Marie de Gonzague, « Nuit resplendissante », resté le fragment le plus célèbre, mais bien isolé, de cette partition certes inégale mais aucunement insipide.

Sévère mais juste, Giuseppe Verdi, qui avait assisté à une représentation, écrit à l’un de ses amis tout le bien qu’il pense de la « musique merveilleuse, sympathique, avec de magnifiques détails, où presque toujours le mot est bien mis en valeur… », pour ajouter aussitôt : « je dis bien le mot, pas la situation. Les caractères ne sont pas bien dessinés et le drame n’a pas de relief propre et de coloris particulier ». On ne saurait lui donner totalement tort, sauf peut-être lorsqu’il souligne « l’absence de fibre dramatique » de son confrère, persiflage peu charitable et injuste.

Fort heureusement, un excellent enregistrement placé sous les bons auspices du Palazzetto Bru Zane et dirigé avec, justement, un vrai sens du drame par Ulf Shirmer, a rendu justice à cet opéra. En voici un extrait, celui de la conjuration contre Richelieu, à l’acte 2 de l’ouvrage.

Vous noterez que les conspirateurs entendent sauver :

1/ le roi,
2/ la noblesse et
seulement 3/ la France.

C’est du propre !

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »



Publicité

Laisser un commentaire

Soutenez le Mag’

100% indépendant, gratuit et sans abonnement ! Soutenez votre journal !

Restez informé !