6 janvier 1950… 69 ans jour pour jour. C’est l’orchestre symphonique de Boston et Charles Munch, excusez du peu, qui commandent à Francis Poulenc un concerto pour piano en 1949. L’année précédente, lors d’une tournée, Poulenc avait été fort bien accueilli aux États-Unis et il se prête donc à cet exercice de bonne grâce et même avec entrain. C’est d’ailleurs lui-même qui se trouve au piano ce 6 janvier 1950, avec le BSO et Munch. Échec…

« Je crois le public déçu », écrit Poulenc, qui ne l’est pas moins. Lors de la création française, lors du festival d’Aix, l’été suivant, le public accroche davantage, mais la critique tire à boulets rouges : « tableautin de mœurs enlevé de main de petit maître » écrit le Figaro.

De fait, pour un concerto, il manque un peu de parties solistes clairement identifiées. Sa gaité et sa clarté en font davantage une œuvre de divertissement, mois sérieuse qu’elle le prétendait, mais non sans charmes. L’entrée en matière ne manque d’ailleurs pas de bien entrer dans la tête et ne vous lâchera pas. Après un mouvement lent bref et mélancolique, un presto giocoso « rondeau à la française » vient conclure joyeusement une œuvre finalement légère, et ce mouvement a d’ailleurs fort déplu tant on l’a trouvé « vulgaire ».

Mais Poulenc, grand maître du chaud et du froid, du bras d’honneur et de la révérence, s’en fiche pas mal. Son style décontracté et son sens de la formule lui ont fait dire que son œuvre était un véritable « concerto en casquette », le concerto d’un poulbot parigot en somme !

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »