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7 mai 1824 : Beethoven et son ode à la joie d’une humanité fraternelle

7 mai 1824 : Beethoven et son ode à la joie d’une humanité fraternelle
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Instant classique – 7 mai 1824… 194 années jour pour jour. Ludwig van Beethoven avait pensé depuis longtemps intégrer des parties chorales à ses œuvres.

Il voulait par exemple, initialement, écrire un chœur d’inspiration religieuse à sa symphonie pastorale et avait fait quelques essais par ailleurs. L’Ode à la joie de Friedrich von Schiller l’avait par ailleurs toujours fasciné. Peut-être sentait-il aussi que sa neuvième symphonie serait la dernière ? En tout cas, il y réfléchit longtemps, la 8e datant de 1814.

Après plusieurs ébauches, Ludwig van Beethoven, alors totalement sourd et plus que jamais enfermé dans son monde, se mit au cœur de la partition à partir de 1822. La création, ce 7 mai 1824, fut un triomphe total. On raconte que le maître, qui dirigeait l’orchestre (en réalité, il y est aidé par plusieurs musiciens), n’entendant pas l’ovation qui accueillit la fin du concert, ne se retourna pas vers le public et qu’il fallut qu’un des musiciens le prenne par l’épaule et lui montre le public enthousiaste pour que le compositeur renfrogné se rende compte de l’effet extraordinaire produit par son chef-d’œuvre.

Œuvre symbole, porteuse du message d’humanité fraternelle (« millions d’êtres, embrassez vous »), elle l’est devenue bien avant que l’Union européenne ne se crée et choisisse l’hymne à la joie de Beethoven/Schiller comme son propre hymne, d’ailleurs dans un arrangement assez moyen réalisé par Herbert von Karajan qui allait ainsi pouvoir engranger les royalties…

À deux jours près, si Robert Schuman l’avait su, il aurait pu faire sa fameuse déclaration fondatrice tout juste 126 ans après la création, et voilà comment la fête de l’Europe aurait pu passer du 9 au 7 mai ! Et notre président actuel savait-il qu’il la faisait résonner le soir de son élection, le jour même de l’anniversaire de sa création ?

Voici donc le fameux presto final, ici dans une interprétation très élégante mais un peu extérieure de Riccardo Muti. Pour l’émotion (mais avec des excès en tous genres), prière de revenir au concert de célébration de Noël 1989 à Berlin, dirigé par un Leonard Bernstein en larmes au moment où retentit le fameux hymne… Ce n’est pas pour rien que la partition est inscrite au Patrimoine mondial de l’Humanité…

Cédric MANUEL



À chaque jour son instant classique !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »



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