8 juin 1810… 211 ans jour pour jour – Fils d’un éditeur et d’une musicienne, Robert Schumann est le petit dernier d’une famille où la culture règne en maîtresse. Et comme nous le savons, c’est la musique qui remportera le morceau… pour notre plus grand bonheur !

C’est à Zwickau, ville du royaume de Saxe, à une trentaine de kilomètres au sud de Leipzig, que naît Robert Schumann voici deux cent onze ans aujourd’hui. Son père est un éditeur et un libraire très en vue qui a introduit localement les œuvres de Byron et de Walter Scott, qu’il a traduites pour la première fois en Allemagne. Sa mère est musicienne et chante en amatrice.

Dans cette famille de cinq enfants (Robert est le dernier), il peut bénéficier d’une éducation de bon niveau : littéraire d’abord (il apprend le latin et le grec mais aussi… le français… et lit beaucoup très tôt), et également musicale en prenant ses premiers cours de piano auprès du titulaire de l’orgue de la cathédrale Sainte-Marie. Il admire notamment son quasi contemporain Mendelssohn, déjà très célèbre et qui habite la Leipzig voisine. Il compose dès l’âge de neuf ans, donne des improvisations qui éblouissent la bonne société locale. Pianiste, il apprend aussi le violoncelle et la flûte, crée un orchestre de jeunes et fonde une association littéraire avant que la mort de son père, en 1826, ne conduise sa mère à le pousser à s’orienter vers un « vrai métier », celui de juriste, à Leipzig puis Heidelberg, jusqu’à sa majorité.

C’est pourtant bien la musique qui s’imposera alors, avec une rencontre fondamentale en 1828, celle de Friedrich Wieck, grand professeur de piano à Leipzig, raide et ambitieux, papa d’une petite Clara, née en 1819, qu’il fabrique en virtuose précoce. La rencontre des Wieck est pour Schumann le début du reste de sa vie, cette vie qui s’achèvera dans une déchéance dramatique, mais c’est une autre histoire.

La première œuvre du compositeur est religieuse, le psaume 150 (en français dans le texte), composé alors qu’il a douze ans. Le musée situé dans sa ville natale en garde un exemplaire, mais malheureusement il n’en existe pas d’enregistrement à ma connaissance. Revenons dans ce cas au catalogue officiel. L’opus 1, composé à dix-neuf ans, est pour le piano. Ce piano qui lui fera tant de mal puisqu’il devra bientôt renoncer à une carrière virtuose, selon lui parce qu’il aurait inventé un appareil, baptisé « Cigarrenmechanik » pour le contraindre à tenir « correctement » sa main droite. Cet instrument n’aurait abouti qu’à lui occasionner une tendinite insupportable.

Ce fameux opus 1 est cependant composé avant cette malheureuse dégradation. Il s’agit de variations, appelées Variation ABEGG, qu’on a longtemps pensé être le nom d’une amie de Schumann, Pauline von Abegg, rencontrée au moment de la composition. On peut cependant penser que ce n’est là rien d’autre que la reprise des cinq premières notes de la partition dans la notation germanique (A=la, B=si bémol, E=mi, G= sol). Le thème est suivi de quatre variations et d’un finale et l’œuvre, relativement courte et pleine d’ardeur juvénile, reçoit un très bon accueil de la critique. Un beau cadeau d’anniversaire, en somme !

Cédric MANUEL



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Rubrique : éphéméride