Il y a 31 ans jour pour jour, le 4e quatuor à cordes de Dvořák est créé… 120 ans après sa composition. Une œuvre de jeunesse, de près d’une heure, qui n’est pas sans rappeler certains airs de Wagner.

Publié en 1968, le quatrième quatuor à cordes d’Antonín Dvořák fait partie de ces œuvres de jeunesse bien oubliées aujourd’hui. Il appartient à un groupe composé dans les années 1869-1870, sans qu’on sache vraiment quand, à part justement celui-ci, achevé en décembre 1870. Aucun n’est numéroté, cependant.

À ce moment-là, Dvořák est altiste au sein de l’orchestre Prager Kapelle, spécialisé dans la variété mais intégré à l’orchestre du « Théâtre provisoire de Prague », en attendant l’achèvement du futur Théâtre national qu’on peut voir aujourd’hui, et qui n’est inauguré qu’en 1881. Le compositeur sait que sa vocation n’est pas de rester dans cet orchestre, mais de composer et il en démissionnera donc en 1871.

Ce quatuor est l’un des plus longs (plus d’une heure tout de même !) et on y devine l’admiration que Dvořák vouait à Wagner et qui se perçoit dans le mouvement lent, que j’ai choisi ici. Vous y entendrez une entêtante basse continue, qui reste pratiquement tout le long. Le scherzo, qui est enchaîné au second mouvement, reprend un thème nationaliste anti-autrichien qui auparavant était un chant populaire, « Hej, Slované ! » (Holà, Slaves !).

La partition n’est créée que cent vingt ans plus tard, par le Quatuor Martinu, à Prague ; le voici par le Quatuor à cordes de Prague.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »