8 septembre 1799. La célèbre et solennelle Theresienmesse, dont nous fêtons aujourd’hui le 222e anniversaire, est attribuée à bien des Thérèse, sainte ou impératrice. L’histoire est bien simple en vérité… la preuve !

La Theresienmesse de Joseph Haydn est la source de plusieurs confusions. D’abord, ce n’est pas une messe pour sainte-Thérèse et ce n’est apparemment pas non plus le résultat d’une commande directe de l’impératrice Marie-Thérèse, qu’il ne faut elle-même pas confondre avec la « grande » Marie-Thérèse, disparue en 1780. Il s’agit plutôt ici de la seconde épouse de l’empereur François II, Marie-Thérèse de Bourbon-Naples, la mère de notre future impératrice à nous, Marie-Louise.

Non, Haydn compose cette partition en 1799 pour la fête du prince Esterhazy, son employeur, à Eisenstadt. Le fait que la messe soit jouée quelques mois plus tard dans la chapelle impériale à Vienne a suffi non seulement à lui donner son nom, mais aussi à laisser penser que la commande était impériale. Et d’ailleurs, ce n’est pas si improbable : on sait par exemple que l’impératrice commandera une autre messe à Michel, le frère de Joseph Haydn, en 1801 puis en 1803.

En tout cas, cette messe est très extravertie, avec de nombreux épisodes qui font davantage penser à un Te Deum, quelque chose de solennel, sans être pompeux. Quelque chose qui fait penser à la majesté, en quelque sorte. La boucle est bouclée ! Tel est d’ailleurs le cas de l’Agnus Dei final, dont le tout début fait fugacement penser à Mozart : j’y trouve quelque chose du début de la vingt-cinquième symphonie de ce dernier. Une courte ressemblance tout au plus.

Pour le reste, l’Agnus Dei de la Theresienmesse a quelque chose de grandiose qui renforce le trait impérial.

Cédric MANUEL



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