Instant classique – 9 décembre 1942… 77 ans jour pour jour. En pleine guerre, Aram Khatchatourian compose un ballet destiné à exalter le patriotisme de l’ensemble des peuples qui composent alors l’URSS contre l’ennemi.

Le livret de Constantin Derjavine pour ce Gayaneh décrit donc un kolkhoze infiltré par un vilain espion qui tente de répandre son influence et arracher des secrets (dans un kolkhoze… On aura compris que l’espion est donc totalement idiot). Bien sûr, les paysans, emmenés par leur héroïne Gayaneh, le capturent, résistent et triomphent, le tout dans des rythmes endiablés qui font appel aux folklores caucasiens, en particulier kurdes et arméniens.

Le ballet, sur une chorégraphie de Nina Anissimova, est créé à Perm dans des conditions rocambolesques et en mettant en contribution un peu tout le monde. Il remporte un vif succès.

L’année suivante, Khatchatourian en tire plusieurs suites pour orchestre qui en reprennent les principaux thèmes. En voici quelques uns par les Wiener Philharmoniker (rien que ça), dirigés par le compositeur lui-même. Vous y reconnaîtrez d’emblée la célébrissime danse du sabre que vous avez entendu dans bien des dessins animés type Tex Avery, mais aussi l’adagio de Gayaneh, repris dans de nombreux films, dont 2001, l’Odyssée de l’espace, avant un Gopak conclusif joyeux et étourdissant.

Si vous dansez, prenez quand même garde à ne pas vous couper avec le sabre…

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »