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Avignon Off : premier bilan et perspectives à venir

Avignon Off : premier bilan et perspectives à venir
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Pierre Beffeyte et son conseil administration ont dressé un premier bilan de cette édition 2018 du Off d’Avignon, à dix jours de la fin : fréquentation, venue de la ministre, tenue des débats, valorisation des créations…

Tandis que le Festival d’Avignon s’achève le 24 juillet, le Off a encore quelques beaux jours devant lui : la carte sera proposée à 1 €, la dernière semaine, à tous les jeunes entre 12-25 ans.

Venue des festivaliers, public et professionnels

Près de 50 000 cartes ont été vendues, ce qui correspond sensiblement aux mêmes ventes que l’an dernier. Pierre Beffeyte reconnaît une première semaine difficile, qu’il attribue à l’absence de pont pour le 14 juillet, la fête nationale tombant un samedi – problème qui se reproduira l’an prochain.

En revanche, la mise en place du Ticket Off commence à payer, puisque 38 000 billets ont été vendus cette année par ce biais destiné non seulement à faciliter la réservation des festivaliers, mais encore à abonder le fonds de professionnalisation – renforçant la solidarité entre artistes et public.

L’association AF&C a décidé de renforcer son contrôle sur la carte professionnelle, afin d’éviter les abus. Les inscriptions ont ainsi été bloquées à la fin du mois de juin, pour que AF&C ait le temps de mener à bien ce travail de vérification, au cas par cas : 2270 professionnels – programmateurs, diffuseurs… – ont été accrédités, contre 2731 l’an dernier. 543 journalistes ont également été au rendez-vous. À noter que, pour la seconde année, chaque professionnel verse 25 euros pour l’obtention de la carte du Off, somme intégralement reversée au fonds solidaire de professionnalisation ; les journalistes, quant à eux, en sont toujours exemptés.

Ont également été évoquées les passages de la ministre de la culture, à l’occasion du lancement de la Fondation AF&C qui vise à renforcer le fonds de soutien à la professionnalisation, de Benoît Hamon, de Xavier Bertrand…

Temps forts au Village du Off

Pour la première fois, le Village du Off s’est dédoublé entre une agora destinée aux débats pour le grand public et rencontres plus spécifiquement professionnelles, organisées dans le village professionnel.

Si certains ateliers n’ont clairement pas eu de visibilité, Pierre Beffeyte et Nikson Pitaqaj, en charge du Village, se disent satisfaits des rencontres et du public y assistant.

Parmi les temps forts qu’ils souhaitent souligner, le focus international est aussitôt énoncé : l’enjeu est de créer un réseau mondial, visant la circulation des œuvres théâtrales à l’international, par l’échange de spectacles.

Autre temps fort : la mise en place de deux rencontres organisées par la commission médiation d’AF&C, dirigée par Ronan Rivière. La première a eu lieu mercredi, rassemblant des directeurs de théâtres – éphémères ou permanentes – et des compagnies. Les échanges furent vifs, parfois tendus, mais en vérité, favorisant la compréhension des enjeux pour les deux bords. Certaines compagnies n’ont pas osé venir, de peur d’être déprogrammées, voire d’être inscrites sur une liste noire l’an prochain.

Plusieurs dérives ont été mises à jour : la précarité des compagnies, devenues de véritables variables d’ajustement, l’accueil défectueux des théâtres, la difficulté pour ces derniers de se maintenir financièrement à flots toute l’année, les montants exorbitants demandés par certains lieux sans prise en compte des jours de relâche, l’incapacité des compagnies à trouver leur rentabilité alors même que les jauges affichent complet…

Au cours de la discussion a été évoquée la mise en place d’une charte, sorte de contrat commun des bonnes pratiques, en toute transparence, qui permettrait un partage de la prise de risque entre théâtres et compagnies. Les quelques directeurs de lieux présents ont donné leur accord de principe. Reste à se mettre au travail… Reste aussi à ce que cette charte ne ressemble pas à une SDN du spectacle, sans consistance ni pouvoir, l’association AF&C n’ayant in fine aucune prise réelle sur les contrats privés signés entre les différents protagonistes.

Perspectives à venir

Dans le prolongement direct de cette problématique liée au lien entre théâtres et compagnies, Pierre Beffeyte a énoncé un projet encore à l’état d’ébauche : la création de résidences, à partir d’avril, pour des créations jeune public en relation avec les écoles. Cela favoriserait un financement en amont et, par conséquent, l’allègement du prix de la location en juillet.

La question de l’application défectueuse, qui a fait grincer bien des dents depuis le début du festival, a également été abordée. La raison de cet échec viendrait de l’évolution rapide du site vers la dématérialisation des cartes du Off : il a manqué au développeur un mois et… beaucoup d’argent ! AF&C, malgré un budget serré, promet que le problème sera réglé dans les prochains mois.

Autre perspective, celle de la mise en place du Pass Culture, toujours en phase de test jusqu’à la fin de l’année. Dès que les conditions d’application seront définitivement connues, l’association s’engage à mener un travail afin que ce pass profite au Off d’Avignon.

Enfin, dernier point de vigilance : la mise en avant des créations, c’est-à-dire de ces spectacles créés spécifiquement pour Avignon – avec moins de douze représentations avant l’événement. À ce jour, ces spectacles ne bénéficient de presque aucune visibilité, notamment de la part des journalistes. AF&C mettra en place une liste de ces créations, qui leur sera envoyée dès le programme bouclé, à la fin du mois de mai.

Nadège POTHIER



 

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