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Dychka et cie : du théâtre, des marionnettes et la création d’un théâtre dans la Loire !

Dychka et cie : du théâtre, des marionnettes et la création d’un théâtre dans la Loire !
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C’est à Saint-Symphorien-de-Lay, village de deux mille âmes, dans le département de la Loire. Philippe Laurent a rassemblé une vaste collection de marionnettes qu’il présente au public. Il monte aussi des spectacles et lance la première saison du théâtre des Mansardes sur le thème : « chaque mois, un week-end de rire ! »

Une collection de marionnettes

La collection de marionnettes qu’il expose n’est pas vouée à une muséification. Il la fait visiter en animant, afin de faire connaître au public l’histoire de ces marionnettes. « Nous ne voulons pas laisser le public seul, sans être là pour lui raconter des anecdotes », nous confie Philippe Laurent. Cette collection de marionnettes n’est autre que celle des Pavaly, Gilbert et Geneviève, « qui étaient les derniers vrais sculpteurs de marionnettes à Lyon ». Et de nous rappeler que c’est à Gilbert Pavaly que l’on doit Guignol tel qu’on le connaît actuellement.

« Gilbert est décédé en 2012, j’étais très ami avec lui, aussi Geneviève m’a-t-elle demandé de l’aider à faire tourner sa propre compagnie, avant de me demander, deux ans après, de reprendre la collection dont elle n’avait plus la force ni l’envie de s’occuper. C’est un héritage qui est très intéressant et lourd à la fois, dans le sens où je le vis vraiment comme une mission, les Pavany ayant marqué la marionnette contemporaine, au moins lyonnaise. Gilbert était le sculpteur attitré de Jean-Guy Mourguet, le dernier descendant de Laurent Mourguet, le créateur de Guignol. »

Pourtant, ces marionnettes ne sont pas destinées à demeurer derrière des vitres, en attendant le visiteur ; la troupe les utilise également pour donner des spectacles. « Une marionnette est un objet d’art vivant, ce n’est pas un objet de musée, disait toujours Gilbert Pavaly. Il faut que les enfants et les adultes puissent les toucher, puissent s’en servir, et s’ils cassent un fil ou un nez, nous les réparons. » C’est dans cet esprit que sont organisées les visites, ce qui surprend souvent les visiteurs, poursuit Philippe Laurent, car ils leur font manipuler les marionnettes.

Une compagnie

Outre cela, la compagnie Dychka produit des spectacles. Elle a remonté trois spectacles de la compagnie Pavaly, dont Mémoire de marionnettes qui raconte l’histoire de Laurent Mourguet, créateur de Guignol, et qui fut créé en 2008 pour célébrer le bicentenaire de la naissance de Guignol. Dychka monte aussi ses propres spectacles, mais elle n’est installée dans les locaux de Saint-Symphorien-de-Lay que depuis 2015.

« Depuis 2015, nous aménageons la maison, nous venons de construire un théâtre, ce qui demande beaucoup de travail et qui explique que nous n’avons pas encore monté beaucoup de spectacles de marionnettes, à mon grand regret. »

La compagnie propose aussi des ateliers théâtre et improvisation. Elle adapte des textes, elle crée des spectacles. « J’ai créé un spectacle d’humour, un one-man show, intitulé Tout est bon dans le triathlon, que j’ai joué à Avignon cet été. »

La compagnie Dychka est une association loi 1901 qui vit sans subvention. Elle est toutefois aidée par la mairie de Saint-Symphorien-de-Lay, qui lui loue au cœur du village un bâtiment de 500 m2 exploitables pour la modique somme de quelques trois cents euros mensuels.

Philippe Laurent nous explique pourquoi sa compagnie ne bénéfice d’aucune subvention. « La première des raisons, c’est que nous n’en avons pas demandé. C’est un état d’esprit. J’aurais trouvé prématuré de demander des subventions alors que nous n’avons pas encore fait grand-chose à mon goût. Nous n’avons pas encore présenté de saison. Je souhaite d’abord montrer de quoi nous sommes capables. Notre saison humoristique doit tenir la route. Les gens que nous avons recrutés ont des choses à dire. C’est de l’humour engagé, pour un spectacle sur deux ! »

Une saison

« Ayant bâti un théâtre dans le bâtiment que nous louons à la mairie, nous lançons notre première saison. » Pour la première représentation, Fred Fromet, que l’on peut entendre chaque vendredi sur France Inter, a répondu présent ! Il ouvre la saison et la parraine. « C’est un vrai cadeau qu’il nous fait », insiste Philippe Laurent.

Pour la suite, il y aura quatre spectacles qu’ils ont recrutés à Avignon. « Les artistes ont été partants tout de suite, c’est super ! » Mis à part le spectacle de Fred Fromet, tous viennent en coréalisation. Le principe est de proposer un week-end d’humour par mois, de septembre 2018 à mai 2019.

 « Nous espérons toucher un public local, sachant que nous sommes à vingt minutes de Roanne, dont le bassin compte 90 000 personnes. Nous voulons aller chercher ce public-là, en plus du public très local. Nous nous adressons à tous les publics. Nos textes ont des choses à défendre mais je fais tout pour vulgariser le propos, afin que même celui qui n’a jamais mis les pieds dans un théâtre puisse s’y retrouver. Si quelqu’un sortant du théâtre dit qu’il n’a rien compris, je considère toujours que c’est de la faute du metteur en scène. Non pas celle du spectateur. On peut faire du théâtre populaire sans que ce soit avilissant. »

Le théâtre comptant 99 places, ce n’est pourtant pas une évidence que la salle soit pleine chaque fois. « Quiconque a fait le festival d’Avignon sait que quand une salle de cinquante places est remplie, ce n’est pas si mal ! »

Matthieu de GUILLEBON

Maison des Mansardes, Rue de la Tête Noire, 42470 Saint-Symphorien-de-Lay
Programmation : site internet
Tél. : 04 77 64 85 86

Dyschka Plaquette 2018-19



 

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