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Le festival Imago : art et handicap au cœur des programmations en Île-de-France

Le festival Imago : art et handicap au cœur des programmations en Île-de-France
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Demain 6 octobre débutera la première édition du festival Imago, consacré à l’art et au handicap : trois mois, cinquante lieux et cent représentations pour cette biennale unique en France, qui mobilise d’ores et déjà six départements, ainsi que de nombreux établissements sociaux et artistiques.

« De la larve à l’insecte, de la chenille disgracieuse et rampante au superbe papillon aux couleurs déployées, nous avons l’impression de passer d’une réalité à l’autre ; pourtant il y a dans la chenille tout ce qui fera la beauté du papillon. […] Et précisément le nom scientifique de l’insecte qui a atteint sa forme définitive est imago. » (Amin Maalouf)

Imago est né de deux festivals antérieurs, le premier dans les Yvelines, Orphée, qui existe depuis 2004, le second dans le Val-d’Oise, Viva la Vida, né en 2012 sous l’impulsion du Théâtre du Cristal, compagnie qui travaille depuis près de quinze ans avec des personnes en situation de handicap.

« Nos deux équipes se sont rencontrées il y a trois ou quatre ans et nous avons commis semble un spectacle, se souvient Richard Leteurtre, directeur d’un ESAT artistique, le théâtre Euydice, et cofondateur du festival Imago. Nous nous sommes alors dits que nous pouvions travailler davantage ensemble. C’est ainsi que nous avons réuni les deux festivals, sur nos territoires respectifs, sur la même période, avec les mêmes objectifs. »

festival Imago afficheDeux festivals départementaux deviennent ainsi un seul et même festival régional, intégrant en son sein la capitale, Paris, ainsi que, de manière encore timide, la Seine-Saint-Denis, l’Essonne, les Hauts-de-Seine et la Seine-et-Marne.

« On est longtemps resté clandestin, mais ça s’est beaucoup développé dans l’ombre, s’enthousiasme Olivier Couder, directeur artistique de la compagnie Théâtre du Cristal. Ça fait peut-être vingt ans que ça existe, en dehors des circuits officiels. Aujourd’hui, on pense que les choses sont assez solides pour qu’elles arrivent à la lumière, autrement dit pour qu’il y ait une vraie rencontre entre les démarches expérimentales, qui ont pu s’inscrire çà et là de façon assez anecdotique dans des établissements culturels. Il est temps de prendre conscience qu’il y a un mouvement mondial, avec des démarches sur tous les continents, avec une émergence toujours plus importante de nouvelles formes. Il n’y a pas « un » art du handicap, mais des tendances, avec des spectacles poétiques, comiques ou utilisant la langue des signes. Le festival est là pour en témoigner et le rendre visible. »

Le festival s’ouvrira le 6 octobre prochain à la Ferme de bel état, à Guyancourt dans les Yvelines, par le spectacle Cristal Pop, bal poétique et populaire conçu par Olivier Couder lui-même. « Prévoyez de bonnes chaussures », prévient son compère Richard Leteurtre, car les spectateurs seront conduits à danser pendant près de deux heures.

Les deux cofondateurs du festival ne cachent pas leur ambition : rien de moins que réunir le meilleur de la création art et handicap, non seulement de France mais également d’Europe. C’est ainsi que la compagnie galloise Hijinx, renommée en Grande-Bretagne pour son spectacle de marionnettes Meet Fred, manipulées notamment par des artistes professionnels atteints du syndrome de Down ou d’autisme, se produira cinq fois à Paris et au théâtre de l’Unise à Éragny-sur-Oise. Imago accueillera également l’humoriste Ramesh Mayyapan, célèbre artiste sourd originaire de Singapour, pour quatre représentations à l’International Visual Theatre à Paris.

Une vingtaine de spectacles seront ainsi proposés, parmi lesquels nous pouvons noter une création, Rayon X, signée Anne Contensou et sa compagnie Bouche Bée, au théâtre des Bergeries à Noisy-le-Sec en Seine-Saint-Denis : l’histoire de trois enfants frappés par l’autisme, par une délicate précocité intellectuelle.

Bal, marionnettes, théâtre en langue des signes, concerts, danse, théâtre d’ombres, films projetés en partenariat avec l’association Ciné-ma différence, humour, jeune public, expositions… autant de propositions faites par des personnes handicapées ou traitant du handicap, jusqu’à l’étonnant « chantsigne » d’Emmanuelle Laborit, accompagnée par The Delano Orchestra, qui assurera l’inauguration du théâtre des Arts à Cergy le 18 octobre, ainsi que la soirée de clôture, le 18 décembre, à l’espace Coluche de Plaisir (78).

À la question : est-ce un festival artistique ou un événement social ?, Olivier Couder répond sans hésitation : « C’est vraiment artistique, et il y a un réel aspect social. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas avoir les deux dimensions dans une même main ». C’est pourquoi il travaille, avec Richard Leteurtre à la mise en place de pôles « art et handicap », destinés à réunir des lieux culturels et des établissements sociaux. L’enjeu, entre chaque biennale, est de renforcer ces liens encore timides. Tel est d’ailleurs le sens des quatre rencontres professionnelles organisées par cinq départements franciliens au cours du festival. « Nous aussi, on fait l’automne », conclut non sans humour Olivier Couder.

Pierre MONASTIER

En téléchargement : programme complet du festival Imago



Photographie de Une – Kaspar et Juliette (crédits : Serge Perichon)



 

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