Dans la lignée des cahiers de doléances d’autrefois, chacun interpelle désormais les candidats sur son domaine propre. Le Bureau de Liaison des Organisations du Cinéma (BLOC), qui regroupe 14 organisations représentant la filière cinématographique indépendante, vient de publier son propre communiqué intitulé : « Présidentielles 2017 : une société ne peut exister sans culture ».

[Communiqué]

Alors que se dessine une vision de la France pour les cinq années à venir, nous tenons à exprimer notre inquiétude quant à l’absence patente de la culture au sein des débats présidentiels.

La culture véhicule les valeurs constitutives de notre société. Elle est le fondement de notre République. Elle est l’une des réponses aux grands défis de notre temps, en véritable garante du « vivre ensemble », dans le respect mutuel et la diversité auxquels nous aspirons.

Un pays sans culture est une Nation sans créateurs, sans histoire et sans imaginaire. « La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert », a dit André Malraux. Plus que jamais, cette conquête est indispensable.

Le cinéma, dans toute sa diversité, tient depuis ses débuts une place de choix dans le cœur des Français. Il est aussi le meilleur ambassadeur de la culture française à l’étranger. C’est pourquoi le BLOC souhaite rappeler aux candidats à l’élection présidentielle les principes fondamentaux d’une politique cinématographique ambitieuse.

Pour une création libre et indépendante

La création cinématographique tient sa force de sa liberté, de son dynamisme et de sa diversité : des valeurs sur lesquelles s’appuie toute politique culturelle.

Face aux puissants mouvements de concentration observés aujourd’hui dans le secteur, tant horizontalement que verticalement, il est impératif de renforcer les outils de régulation et d’incitation. Ces derniers permettent de garantir l’indépendance des acteurs économiques de la filière cinématographique et la diversité des œuvres produites, essentielles notamment au renouvellement des talents et à l’innovation, et de se préserver d’une bipolarisation du secteur.

Pour une éducation et un accès de tous les publics à la création

La culture n’a de sens que si elle est partagée.

La révolution des modes de diffusion numérique des œuvres cinématographiques modifie les usages et bouleverse notre paysage culturel. Pour une meilleure exposition des œuvres en salles et sur nos écrans, une modernisation de la chronologie des médias est nécessaire, ainsi que la mise en place d’une régulation de l’exploitation en salles permettant à tous les publics un accès à toutes les œuvres. Les nouveaux acteurs du numérique doivent entrer dans le cercle vertueux de la régulation du secteur, notamment en contribuant au financement et à l’exposition effective de la création cinématographique.

Il est en outre nécessaire de renforcer l’éducation à l’image et le soutien à l’action culturelle territoriale.

Pour une défense du droit d’auteur et une lutte efficace contre le piratage

Le droit d’auteur est au centre du processus de création et sa défense constitue une priorité. Celle-ci passe notamment par une lutte engagée contre le piratage : mise en place de mesures dissuasives, engagement des opérateurs numériques, développement des offres légales, éducation des publics, etc. Les moyens sont multiples et doivent être mis en œuvre, dans l’objectif de protéger le droit d’auteur, pilier de la diversité de la création.

Pour une Europe de la diversité culturelle

Consciente de sa place au cœur de l’Europe, la France contribue au rayonnement de celle-ci, dans sa capacité à proposer des œuvres singulières et ambitieuses. Les enjeux traités au plan européen, liés notamment à la pérennisation de la territorialité des droits, à la défense des droits d’auteur et au développement des soutiens au cinéma, sont incontournables et doivent être défendus.

BLOC