Instant classique – 10 janvier 1905… 115 ans jour pour jour. Franz Berwald (1796-1868), le grand compositeur suédois du XIXe siècle, a écrit quatre symphonies. Elles ont toutes un vrai charme plein d’originalité et méritent à l’évidence qu’on leur fasse une vraie place aux concerts au lieu de nous rabâcher toujours les mêmes œuvres !

Original sans être excentrique, ami de Mendelssohn, on ne peut pas dire que la chance et la fortune lui aient souri. Professeur au conservatoire de Stockholm, il mourut oublié et dans la misère après avoir ouvert une clinique orthopédique à Berlin…

Parmi ses quatre symphonies, une seule, la seconde, a été créée de son vivant et massacrée par la critique. Il en écrit une troisième en 1845, qu’il surnomme « singulière ». On ne sait pas trop pourquoi. D’ailleurs, toutes ses symphonies ont un surnom : « Naïve », « Capricieuse » et « Sérieuse » pour les trois autres et dans le désordre.

La singularité de la troisième tient peut-être à ses orientations très folkloriques dans le second mouvement, ou encore à des choix originaux dans la construction de l’œuvre, par ailleurs en trois mouvements et non quatre. Quoi qu’il en soit, il ne l’entendra jamais de son vivant. C’est seulement soixante ans plus tard, le 10 janvier 1905, qu’une version modifiée et tronquée de la symphonie sera jouée et il faudra attendre 1965 pour qu’elle soit enfin publiée dans son intégralité originelle, sous l’impulsion du grand chef suédois Herbert Blomstedt sous la baguette duquel je rêverais de l’entendre, bien que ce soit fort improbable…

Le premier mouvement est très inventif et entraînant ; le mouvement (pas uniquement) lent très pastoral et le presto final, d’abord assez inattendu puis d’un élan tout mendelssohnien, hésite entre y aller ou pas, pour finir de façon tout à fait… singulière, le tout avec une belle sérénité. Ce qui est vraiment singulier dans tout ça, c’est qu’on ne l’entende pas plus souvent, cette symphonie « Singulière » !

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »