Sélectionner une page

10 juin 1865 : le philtre d’amour de Wagner, qui n’a pas encore connu d’amour heureux

10 juin 1865 : le philtre d’amour de Wagner, qui n’a pas encore connu d’amour heureux
Publicité

Instant classique – 10 juin 1865… 153 années jour pour jour. Richard Wagner connaissait sur le bout des doigts la légende de Tristan et d’Yseult, dont il possédait de nombreuses versions qu’il lisait très régulièrement. L’idée d’en tirer un nouvel opéra germe lentement mais sûrement au début des années 1850.

Richard Wagner s’en ouvre à son ami Franz Liszt dans une lettre restée fameuse, dans laquelle il écrit n’avoir jamais connu d’amour heureux. Il est alors marié à l’actrice Minna Planer. En 1857, Wagner et Minna s’installent près de la villa d’Otto Wesendonk, qui sera un mécène généreux. Mais sa femme Mathilde sera, elle, un peu plus que l’épouse du généreux donateur pour Wagner, qui lui offre la première version du livret de Tristan und Isolde et lui écrira les fameux Wesendonk-lieder, avant de construire cette énorme partition de 1858 à 1859, entre Zurich, Venise et Lucerne.

Richard Wagner trouve ensuite ceux qu’il veut absolument pour interprètes et c’est justement un couple : Ludwig Schnorr von Carosfeld, et sa femme Malvina. L’opéra de Vienne veut bien créer l’œuvre, mais avec d’autres chanteurs qui ne conviennent nullement. Tout le monde jette l’éponge après pas moins de 70 répétitions, l’opéra jugeant l’œuvre « injouable ». Le compositeur, comme d’habitude, est aux abois, sans ressources. Il pense un moment en finir, mais voilà que le roi de Bavière, Louis II, subjugué par l’œuvre de Wagner, va le couvrir d’or in extremis.

Les préparatifs peuvent commencer à l’opéra de Munich, sous la direction du grand chef Hans von Bulow, loin de se douter que la petite Isolde que sa femme Cosima, la fille de Liszt, met au monde au même moment, n’est pas de lui mais de Wagner, qui a trouvé dans la fille de Liszt le fameux amour heureux dont il parlait à ce dernier 10 ans plus tôt…

La création, ce 10 juin 1865, se passe bien malgré quelques critiques virulentes, mais le ténor Schnorr meurt à l’improviste quelques jours plus tard et Malvina ne chantera plus. Tristan und Isolde mettra encore quelques années avant de s’imposer comme le grand chef-d’œuvre qu’il est.

Même si d’aucuns peuvent le trouver interminable, l’opéra s’achève avec la sublime mort d’Isolde, et cela vaut la peine d’attendre quatre heures rien que pour ces dernières minutes. Elle est ici magnifiée par une Waltraud Meier en état de grâce, dans la mise en scène de Patrice Chéreau pour la Scala de Milan en 2007.

Cédric MANUEL



À chaque jour son instant classique !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »



 

Publicité

Laisser un commentaire

Vidéos Avignon OFF 2019 : les compagnies parlent de leurs spectacles !

affiche le phèdre éternelle festival avignon off 2019affiche les travailleurs de la mer festival avignon off 2019Affiche UN CHAMP DE FOIRE festival avignon off 2019affiche faut-il tout dire dans un couple avignon off 2019affiche spectacle le crepuscule avec John Arnold et Philippe Girard festival off avignon 2019affiche spectacle marjorie falusi en folie festival d'avignon off 2019affiche spectacle kosh festival off avignon 2019affiche spectacle les échos ruraux festival off d'avignon 2019affiche spectacle building festival off d'avignon 2019affiche spectacle penetrator festival off d'avignon 2019affiche spectacle j'arriverai par l'ascenseur de 22h43 festival off avignon 2019affiche spectacle Fushigi festival off avignon 2019affiche spectacle en panne au festival off d'avignon 2019affiche spectacle un week-end sur deux au festival off d'avignon 2019

Soutenez le Mag’

100% indépendant, gratuit et sans abonnement ! Soutenez votre journal !

Restez informé !

Facebook