Instant classique – 12 décembre 1891… 127 années jour pour jour. C’est lors d’un de ses fréquents séjours à Bad Ischl, villégiature impériale, lors du printemps et de l’été 1891, que Johannes Brahms compose deux œuvres pour formation de chambre et clarinette : le trio (avec violoncelle et piano) et le quintette (avec cordes).

Ces deux œuvres sont le fruit de la rencontre du compositeur, alors dans les dernières années de sa vie, avec le clarinettiste de l’orchestre de Meiningen, Richard Mühlfeld. Ils deviennent des amis très proches, et Brahms écrira pour lui quatre œuvres au total, dont ces deux chefs-d’œuvre, présentés le même jour. Le 24 novembre à titre privé, puis le 12 décembre au public berlinois. Le 10, la répétition générale remporte déjà un immense succès. Le bouche-à-oreille fait le reste et le 12, il faut refouler des amateurs venus entendre les nouveaux morceaux du maître. Le triomphe se renouvellera quelques jours plus tard à Vienne.

Brahms a mis dans ces œuvres beaucoup de finesse et de sensibilité, une grande maîtrise aussi et une séduction mélodique qui n’a pas peu fait pour la popularité, notamment, du quintette que j’ai choisi ici.

Le 1er mouvement, allegretto, est un condensé de ces qualités et de cette douceur idéale pour un mercredi matin. Le quatuor Alban Berg entoure la clarinettiste phare de l’orchestre philharmonique de Berlin, Sabine Meyer, dont on se souvient que c’est pour avoir voulu l’imposer, contre l’avis de l’orchestre au début des années 80, que Herbert von Karajan se fâcha au soir de sa vie avec « son » orchestre. C’est pourtant une immense artiste et cette querelle est aujourd’hui, fort heureusement, bien loin.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »