Instant classique – 12 décembre 1920… 100 ans jour pour jour. La Valse de Maurice Ravel fête son tourbillonnant centenaire. Changements de tempi, de couleurs, déstructurations, crescendo et decrescendo, cordes démoniaques, c’est un peu la valse du diable et son cortège de fantômes.

C’est l’orchestre des Concerts Lamoureux, dirigé par Camille Chevillard, qui joue pour la première fois la version pour orchestre du nouveau poème chorégraphique de Maurice Ravel, La Valse, morceau qui n’a depuis jamais quitté les programmes de concert. Ravel l’avait jouée avec l’ami Alfredo Casella à Vienne dans sa version pour deux pianos quelques semaines auparavant. Mais qui songerait aujourd’hui à négliger ce que le génial orchestrateur a fait de sa création…

Voici ce que Ravel disait avoir voulu obtenir : « Des nuées tourbillonnantes laissent entrevoir par éclaircies des couples de valseurs. Elles se dissipent peu à peu ; on distingue une immense salle peuplée d’une foule tournoyante. La scène s’éclaire progressivement. La lumière des lustres éclate au plafond. »

Loin des cours impériales qu’évoquait par ailleurs Ravel, voici une valse rendant un hommage bien discret à la Vienne de Johann Strauss fils !  Changements de tempi, de couleurs, déstructurations, crescendo et decrescendo,  cordes démoniaques, c’est un peu la valse du diable et son cortège de fantômes. Il ne manque plus que les images de Tim Burton.

Leonard Bernstein aimait Ravel et dirigeait par ailleurs souvent notre orchestre national de France, en particulier dans des œuvres du répertoire national. C’est lui qui avait été invité au théâtre des Champs-Élysées pour un programme tout Ravel à l’occasion du centenaire – encore un – du compositeur en 1975. Ce concert, filmé et enregistré, est l’un des plus mémorables de l’histoire du National, petit nom de notre ONF. L’ingénieur du son nous a heureusement épargné les coups de talon et le bruit des bonds du volcanique chef d’orchestre sur son podium, qui sont généralement de précieux indices lors des exercices d’écoute en aveugle pour reconnaître l’interprète…

Joyeux centenaire, la Valse !

 

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »