12 septembre 1786… Après le triomphe des célébrissimes Noces de Figaro, Mozart est un peu las, passant son été à composer pour le piano, sans se forcer, histoire de gagner un peu d’argent. La preuve avec ces douze variations dont nous fêtons la création aujourd’hui, variations certes sans prétention, mais non sans charme.

En cette fin d’été 1786, Mozart ne tient pas la grande forme. Ce n’est certes pas la première fois, mais l’année avait pourtant été prometteuse, notamment avec le triomphe éphémère et à éclipses des Noces de Figaro.

Peu avant l’été, il échafaude un projet destiné à lui redonner un coup de fouet : partir en tournée, avec ses amis anglais, dont la si belle Nelly Storace, la créatrice de Susanna, et dont les relations avec Mozart semblent bien aller au-delà de la simple confraternité… Partir en tournée et aller avec elle, son frère et deux autres amis en Angleterre, en passant par exemple par l’Italie (ce n’est pas le chemin le plus court, mais qu’importe) ou l’Allemagne.

Cependant, le projet n’aboutit pas : comment laisser Constance, sa femme, seule avec deux enfants très jeunes à Vienne, sans un radis ? Tout ceci tourne sans doute beaucoup dans sa tête lasse. Assez pour nuire à sa production : durant l’été, il ne compose que pour le piano et il ne se force pas beaucoup. Il le fait pour ses élèves ou pour capter un peu d’argent auprès de son ami Franz Anton Hoffmeister. C’est notamment le cas de ces douze variations, qui sont comptabilisées au numéro 500 dans le fameux catalogue Köchel et qu’il date du 12 septembre 1786.

Il faudra attendre novembre et l’échec définitif de son projet de voyage pour le voir rebondir (un peu). Bon, ceci dit, du Mozart las, ça reste du Mozart ! Et cette série de variations sur un allegretto sans prétention a quand même son petit charme suranné. L’automne suivant sera pour la production mozartienne une sorte de renaissance… mais c’est une autre histoire.

Cédric MANUEL



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