Instant classique – 13 décembre 1768… 252 ans jour pour jour. Mozart compose sa huitième symphonie en ré majeur, à la tonalité assez sombre et qui ne finit pas du tout glorieusement, mais s’interrompt ex abrupto. Une bonne transition vers des œuvres qui iront crescendo.

Wolfgang Amadeus Mozart a seulement douze ans lorsqu’il compose sa huitième symphonie en ré majeur, qui est datée précisément du 13 décembre. On y entend, en particulier dans le mouvement lent, mais pas seulement, l’influence de Haydn et aussi une attention au contrepoint, liée sans doute au fait que Mozart vient d’écrire coup sur coup deux messes.

L’année 1768 a été éprouvante pour le jeune garçon, qui a également écrit deux œuvres lyriques : Bastien et Bastienne et surtout la Finta semplice. Or, les intrigues autour de ce dernier opéra, les difficultés rencontrées par son père Léopold pour le faire représenter, ses réactions exaspérées et découragées, ont semble-t-il impressionné l’enfant au point de l’influencer également dans l’écriture d’une symphonie finalement à la tonalité assez sombre, et qui ne finit pas du tout glorieusement, mais s’interrompt ex abrupto.

Pourtant, cette année 1768 qui s’achève aura été très importante pour notre jeune génie, car il aura fait encore d’énormes progrès dans la composition grâce à d’innombrables rencontres et auditions de très bon niveau au cours de ses voyages avec son exigeant père et aussi à Vienne. Au tout début de 1769, il retourne à Salzbourg, ville provinciale où il est né et qu’il n’aime pas du tout. Tout ce bouillonnement sera pourtant mis à profit dans les compositions qui vont suivre. De ce point de vue, la symphonie du 13 décembre, pour un peu triste qu’elle est, fournit une bonne transition vers des œuvres qui iront crescendo.

Voici une interprétation « historiquement informée » comme on dit, mais très réussie, celle-ci, de cette symphonie, par the Academy of Ancient music dirigée par le regretté Christopher Hogwood.

Cédric MANUEL



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