Instant classique – 13 février 1942… 78 ans jour pour jour. Nous étions hier avec un Polonais, voici aujourd’hui un Franco-polonais hélas un peu oublié aujourd’hui, mais compositeur prolifique et passionnant, Alexandre Tansman.

Né en 1897 à Łódź, il s’installe à Paris après la Première Guerre mondiale, rencontre tout ce que la capitale compte d’artistes, puis voyage un peu partout, faisant connaissance avec les grandes figures du moment (Charles Chaplin, à qui il dédie un concerto pour piano, Ravel, Gandhi, Jankélévitch, dont il est un ami très proche etc).

Naturalisé Français en 1938, il s’exile aux États-Unis pendant la guerre avant de revenir dans l’Hexagone où il meurt en 1986. Son catalogue très riche est aujourd’hui négligé, car il a eu le malheur de composer beaucoup dans un style qui n’épousait pas les dogmes minimalistes de son époque. C’est pourtant un auteur relativement complexe et pas toujours accessible.

Voici soixante-dix-huit ans est créée la seconde version de ses merveilleuses variations sur un thème de Frescobaldi pour orchestre à cordes. Il les compose à Hollywood et les dédie à Julian Brodetsky, tout en s’inclinant à trois siècles de distance sur le nom du prestigieux compositeur italien. Les variations sont créées au Bellewilber Thorne Hall de Los Angeles par l’orchestre de chambre de Brodetsky, sous la direction du dédicataire.

Cette partition d’une grande noblesse, très inspirée du style de Frescobaldi, a contribué à taxer Tansman de néoclassicisme, terme presque infamant à l’époque. Ce qui est vrai, c’est que même si les cordes peuvent être parfois un peu grasses sur un thème aussi délicat, il n’en reste pas moins que ces variations sont un petit bijou à redécouvrir. Jugez plutôt.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
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