Instant classique – 15 novembre 1832… 188 ans jour pour jour. Richard Wagner compose à dix-neuf ans la seule symphonie qu’il concevra entièrement : une œuvre classique, pas inoubliable, mais qui montre ses indéniables talents.

On a du mal à imaginer que Richard Wagner ait pu avoir dix-neuf ans. Et pourtant si, évidemment. On ne sait pas s’il était déjà ce personnage suffisant, détestable et un brin escroc. Mais à cet âge très précoce, il compose déjà et fort bien. Au début de l’été 1832, il commence donc une symphonie, et ce sera d’ailleurs la seule qu’il concevra entièrement. Il est encore étudiant à la Thomasschule de Leipzig et se trouve poussé par son professeur, Theodor Weinlig, à approfondir ses classiques : Beethoven surtout, que Wagner vénèrera toute sa vie.

Loin de Leipzig, c’est le directeur du Conservatoire de Prague, Dyonis Weber, qui accepte de diriger cette œuvre nouvelle voici tout juste cent quatre-vingt-huit ans. La symphonie sera reprise peu après à Leipzig, puis remisée dans les bibliothèques. Wagner lui-même la dirigera cinquante ans après sa création pour sa femme Cosima à la Noël 1882, son dernier Noël. Pour l’occasion, cet éternel désargenté et légendaire pique-assiette loue le théâtre de de la Fenice, rien que ça… Cosima écrira : « Cette œuvre franche et sincère me remplit de joie. »

Aussi peu révolutionnaire que possible dans cette œuvre de jeunesse qu’il n’a pas reniée, Wagner découpe la partition en quatre mouvements classiques, dont voici le dernier, enlevé et rafraîchissant dans lequel on entend les échos des premiers opéras à venir (Les Fées ou La Défense d’aimer notamment), même si cette symphonie n’est pas impérissable, ni inoubliable.

Cédric MANUEL

 



Un jour… une œuvre musicale !
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