Instant classique – 15 septembre 1855… 165 ans jour pour jour : création d’Alberta de Hans Christian Lumbye, le Strauss du nord, qui consiste en une série de petites valses tout en douceur.

Vous êtes épuisés ? Ronchons ? Exaspérés ? Impatients ? Misanthropes ? Malades ? Vous voulez qu’on vous fiche une paix royale et même impériale ? Qu’on arrête de vous bassiner en vous demandant comment s’est passée la semaine et en vous souhaitant la prochaine excellente alors que vous savez qu’il n’en sera rien ? Ne bougez plus, cette petite valse de Hans Christian Lumbye est faite pour vous.

Elle commence inhabituellement par un petit thème en mode mineur, un peu nostalgique, pour ne pas vous jeter dans le bain trop vite. Et puis elle déploie une série de petites valses, pas trop rapides, pas trop agressives, pas trop virevoltantes, pas trop compliquées non plus, pour ne pas brusquer les réveils difficiles et vous apporter la douceur d’un petit café au creux du matin calme. Le finale un peu solennel achèvera de vous tirer de votre torpeur et là, vous pourrez démarrer forts d’un nouveau carburant.

Croyez-vous que le public d’habitués qui se pressaient dans la salle de concert du parc Tivoli à Copenhague s’est dit tout ça, ce 15 septembre 1855, en écoutant cette valse Alberta de notre Strauss du nord ? On ne sait pas, pas plus qu’on ne sait pourquoi Lumbye a donné une fois de plus (il y en a plusieurs autres) un prénom féminin à sa valse danoise, mais ils se sont sans doute abandonnés un instant à ces mélodies suaves qui s’évaporent aussitôt après l’écoute…

Cédric MANUEL

 



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »