Instant classique – 16 décembre 1837… 182 ans jour pour jour. On oublie, ou on méconnait, l’intense activité de Chopin en tant que pédagogue. C’était même son principal gagne-pain lorsqu’il s’est installé à Paris au début des années 1830.

Professeur prestigieux et très recherché, Frédéric Chopin accomplissait cette activité avec passion car il adorait transmettre. Amoureux de la technique en tant que moyen de parvenir à la perfection, il préconisait ainsi dans ses compositions l’utilisation des touches noires, les mieux à même selon lui de garantir une bonne position des mains.

Pour ses cours, il a donc composé plusieurs séries d’études, en deux grands groupes de douze, plus trois autres plus isolées. Elles ne sont pas vraiment faites pour des doigts débutants, mais elles constituent à coup sûr des chefs-d’œuvre en elles-mêmes. Voici la seconde grande série de douze, opus 25, études composées entre 1832 et 1836. Le 16 décembre 1837, le numéro 50 de la revue « Bibliographie de France », chez Schlesinger, les publie à Paris, avec une dédicace à Marie d’Agoult, la maîtresse de Liszt.

Robert Schumann a écrit qu’il les avait entendues par Chopin lui-même, lequel les jouait « très à la Chopin« : « Qu’on se figure une harpe éolienne (i.e.: la 1ère étude) disposant de toute l’échelle sonore, que la main d’un artiste fait parler en y jetant pêle-mêle toutes sortes d’arabesques fantastiques, de manière pourtant qu’on perçoive toujours un son fondamental grave et un chant qui se déroule délicatement dans le haut, et l’on aura une idée approximative de son jeu. »

Chopin disait volontiers qu’il fallait avoir « le corps souple jusqu’au bout des pieds ». Essayez donc pour voir !

Voici comment Grygory Sokolov procédait il y a trente ans en concert. On entend quelques petites scories, mais on admirera l’extraordinaire clarté du jeu et, justement, sa souplesse, avec une précision admirable du son, qui ne nous fait même pas perdre la respiration du pianiste.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »