Instant classique – 17 mars 1882… 138 ans jour pour jour. Alexandre Glazounov (celui qui, comme on l’a vu, ruinera plus tard la création d’une autre première symphonie, celle de Rachmaninov) n’a que seize ans lorsqu’il réalise sa propre première symphonie.

Alexandre Glazounov est alors l’élève de Balakirev et de Rimsky-Korsakov (à qui il dédie son œuvre) et n’a jamais mis les pieds dans un conservatoire, ce qui ne l’empêchera pas d’y enseigner et même de devenir le directeur du prestigieux conservatoire de Saint-Pétersbourg.

Au moins, lorsqu’il crée la symphonie à la tête de l’orchestre de Saint-Pétersbourg, ce 17 mars 1882, Mily Balakirev est quant à lui sobre et efficace. Les auditeurs et les critiques sont stupéfaits : un adolescent de seize ans a vraiment écrit ceci ? « Jeune par son esprit mais déjà mûr par la forme et la technique », en dira Rimsky-Korsakov. Malheureusement, Glazounov n’ira jamais au-delà des frontières, certes déjà très significatives, de ce style très marqué par ses aînés et sans audace particulière alors qu’autour de lui, tout changera bientôt.

La symphonie est parcourue de thèmes populaires polonais, en particulier le finale, que j’ai choisi, avec l’orchestre symphonique de l’URSS – l’un des meilleures orchestres de l’époque soviétique – sous la direction volcanique d’Evgeny Svetlanov.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »