Instant classique – 1er janvier 1908… 113 ans jour pour jour. Edward Elgar compose des Christmas greetings qui sont créés dans l’imposante cathédrale de Worcester, ville natale du compositeur, une semaine plus tard. Mais des greetings, ce sont des greetings ! Alors bonne année à tous les lecteurs !

Ceux parmi vous qui me suivent depuis longtemps pourront s’étonner que je débute l’année et une nouvelle saison de ces petits articles musicaux journaliers par un compositeur britannique. Lequel, qui plus est, est à la musique anglaise ce que Brillat-Savarin représente pour la gastronomie française. La promesse de recettes surannées, pas toujours sucrées mais souvent très lourdes. Et pourtant, elles ne sont pas exemptes de ce raffinement qui font les grandes traditions.

On connaît surtout Edward Elgar pour ses morceaux pompeux (et appelés comme tel, voyez ses marches « Pomp and circumstances », dont la première est quasiment un second hymne national), lesquels ne manquent pas toujours d’efficacité pour autant. On le connaît moins pour ses partitions plus intimistes, plus équilibrées, qui sont pourtant légion. Mais en cette fin d’année 1907, comme un certain lapin d’un de ses compatriotes écrivains, Elgar est en retard. Alors qu’il se trouve à Rome avec sa chère Alice – qu’il a épousée dix-huit ans auparavant -, il compose sur un poème de cette dernière un petit hymne de Noël pour violon, piano et chœur d’enfants. À peine composés, ces Christmas greetings sont envoyés à Hereford, à la frontière galloise, pour qu’ils y soient créés dans l’imposante cathédrale du lieu, non pas à Noël mais quelques petits jours plus tard, voici tout juste cent treize ans aujourd’hui.

L’interprétation que j’ai trouvée est parfaite, mais se caractérise par un son très réverbéré, qui donne à la musique des couleurs hamiltonienne, si j’ose cette référence au photographe très très déchu depuis les années soixante-dix où il sévissait. C’est que le morceau a été enregistré à la cathédrale de Worcester et Worcester, c’est la ville natale et le repaire d’Elgar : tout se tient !

Mais revenons à ces Greetings : qu’ils soient pour Christmas ou pour New Year’s Eve, des greetings, ce sont des greetings. Alors pour vous tous qui lisez cette petite chronique journalière avec patience et, j’espère, indulgence, permettez moi de vous souhaiter, to you all, une très belle année, si possible sans fausse note (ce qui n’empêche pas de possibles dissonances !) après celle, si éprouvante, que personne ne regrettera…

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »