1er juillet 1960… 61 ans jour pour jour Le richissime chef d’orchestre Paul Sacher commande à Benjamin Britten une cantate pour célébrer le 500e anniversaire de l’université de Bâle. Une partition vraiment intéressante, lumineuse et souvent enjouée, notamment dans son finale choral tout à fait réjouissant. 

En musique, le terme « académique » est souvent lourd de sous-entendus voire de soupçons. Il cache pour les novateurs des pesanteurs souvent considérées comme désuètes, figées, en un mot : poussiéreuses. Certains compositeurs n’ont cependant pas hésité à intégrer le terme même « d’académique » à certaines de leurs œuvres. Voyez Brahms et son ouverture éponyme. Bien sûr, dans ces cas-là, vous l’aurez compris, il ne s’agit pas du tout de célébrer une forme austère glorifiant le passé mais bien en l’occurrence de fêter un établissement universitaire où un événement ayant trait à la vie éducative.

C’est évidemment dans cette optique que s’inscrit la Cantata academica de Benjamin Britten. C’est le richissime (l’homme le plus riche de Suisse, disait-on alors) et chef d’orchestre Paul Sacher qui commande au compositeur une cantate pour célébrer le cinq centième anniversaire de l’université de Bâle.

Dans cette œuvre pour quatre solistes, chœur et orchestre qu’il écrit en mars 1959, Britten profite de chaque numéro (il y en a treize, tous très brefs) pour aborder un sujet d’écriture scolastique. Dans le même temps, il cherche à retranscrire l’esprit étudiant, à la fois concentré et studieux, mais aussi potache et joyeux. Il rend également hommage à la communauté éducative avec des passages plus doctes, comme la huitième partie au centre de l’œuvre. Le texte est comme le titre, en latin. Il utilise des extraits de la charte initiale de l’université tout comme d’anciens hymnes célébrant la ville de Bâle. La partition est vraiment intéressante, lumineuse et souvent enjouée, notamment dans son finale choral tout à fait réjouissant.

Elle est donc créée voici juste soixante-et-un ans aujourd’hui à Bâle sous la direction de Paul Sacher. Et c’est la création mondiale par ce dernier que je vous propose ici !

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »