Instant classique – 1er mars 1950… 71 ans jour pour jour. Prokofiev, qui n’a guère consacré d’œuvre majeure au violoncelle, se met soudain à écrire frénétiquement pour cet instrument. Sa sonate pour violoncelle et piano, de facture très classique, est créée par deux musiciens géniaux : Rostropovitch et Richter.

Après la guerre, Sergueï Prokofiev rencontre plusieurs fois le jeune Rostropovitch. Lui qui n’avait jusqu’alors guère consacré d’attention au violoncelle (à part pour un concerto tout de même) connaît un revirement : ces entrevues réveillent chez le compositeur une soif d’écrire pour cet instrument. Il révise le concerto qu’il lui avait consacré pour en faire sa symphonie concertante, écrit un petit concertino dont on ne connaît qu’une ébauche au piano, entreprend une sonate pour le violoncelle seul et, avant tout cela, met en chantier courant 1949 cette sonate.

Si elle est destinée à Mstislav Rostropovitch, qui la crée voici soixante-et-onze ans avec rien moins que Richter au piano, elle est dédiée à Levon Atovmian, qu’on connaît peu ici mais qui s’illustrait alors comme un grand spécialiste des réductions de partitions d’orchestre pour piano, en particulier celles de Prokofiev et de Chostakovitch.

La sonate est de facture très classique et même d’inspiration romantique. En trois mouvements, elle débute par un « andante grave », marqué « tranquille et expressif », suivi d’un moderato et enfin d’allegro ma non troppo solennel et tranquille comme l’abondante initial.

La date relativement récente de la création permet d’en retrouver la trace plus aisément. Et comme on pouvait l’imaginer, cette création publique dans la petite salle du conservatoire de Moscou a été enregistrée. Voici donc les deux géants Rostropovitch et Richter à leur affaire il y a soixante-et-onze ans, avec probablement Prokofiev dans la salle.

Cédric MANUEL

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Source photographique : capture d’écran YouTube
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