Instant classique – 2 mai 1899… 121 ans jour pour jour. À cette question, il est probable que les Suédois vous regardent avec de grands yeux et qu’ils vous retournent la question avec une certaine stupéfaction : « Évidemment ! Comment, vous ne le connaissez pas ? ». Car Hugo Alfvén (1872-1960) est un compositeur resté très célèbre dans son pays, et dont la rhapsodie suédoise n°1 lui a assuré une postérité durable.

À l’origine, il est violoniste au sein de l’orchestre de l’opéra de Stockholm et commence à composer dans les années 1890. Il réalise une première symphonie alors qu’il a vingt-cinq ans et souhaite, en en composant une seconde l’année suivante, obtenir une bourse pour aller parfaire sa formation à l’étranger. Mais il ne parvient pas à terminer les quatre mouvements de sa nouvelle symphonie à temps et le jury refuse donc d’agréer une œuvre incomplète. Alfvén n’est sauvé que par l’insistance du chef d’orchestre Nordqvist, qui convainc le jury de se laisser fléchir au vu de la qualité des trois premiers mouvements. C’est donc la bourse en poche et à Paris que le jeune compositeur achèvera sa seconde symphonie.

C’est une œuvre très riche, aux atmosphères très changeantes et qui est globalement énergique, avec un mouvement lent très énigmatique. Elle est créée voici cent vingt-et-un ans à Stockholm sous la direction d’un autre compositeur suédois important, Wilhelm Stenhammar, dont je vous ai déjà parlé. L’accueil de la partition est très positif, mais ne suffira pas à assurer les arrières du jeune compositeur, qui devra se consacrer surtout à la direction de choeur et d’orchestre, avant de connaitre une gloire nationale avec la rhapsodie dont je parlais plus haut… Mais c’est une autre histoire.

Voici donc le 1er mouvement, Moderato, de cette intéressante 2ème symphonie.

Voilà, maintenant vous connaissez Alfvén.
Ah bon, vous le connaissiez ?

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »