20 juin 1790… 231 années jour pour jour. Haydn envoie à sa chère amie Marianne von Genzinger un trio assez court, une œuvre pleine de gaieté et de fraîcheur que le compositeur qualifie de « bagatelle ».

Le 20 juin 1790, Joseph Haydn envoie une lettre très chaleureuse à son amie Marianne von Genzinger, par laquelle il lui fait parvenir un nouveau trio, le trentième si on compte les trios, mais qui est classé au XV-17 dans le fameux catalogue Hoböken dont je vous ai parlé il y a peu.

Haydn aime beaucoup beaucoup Marianne, épouse du médecin personnel du prince Esterhazy et pianiste amateur. Les Genzinger tiennent salon à Vienne et Haydn s’y rend régulièrement, tout comme son fils spirituel, Mozart. Haydn avait commencé une relation épistolaire avec Marianne l’année précédente et en 1790, il lui dédiera l’une de ses sonates pour piano les plus fameuses, qu’il envoie d’ailleurs par la même lettre ce jour-là.

Pour autant, ne nous emballons pas, il s’agit là d’une amitié profonde et rien d’autre. Elle durera jusqu’à la mort prématurée de Marianne, trois ans plus tard.

Le trio qu’Haydn lui envoie voici deux cent trente-et-un ans est une pièce relativement courte pleine de gaieté et de fraîcheur qu’Haydn appelle « Bagatelle ». Elle est en deux mouvements : allegro et tempo di menuetto. Très souvent aujourd’hui, bien que ça n’ait pas été écrit pour la flûte, cette dernière remplace la partie pour violon. Et c’est dans cette version que je vous propose ce joli trio, car on en écoute finalement fort peu, de la flûte…

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »