Il y a 237 ans, Haydn envoie trois trios tout neuf à son éditeur britannique… dont un seul est en réalité de lui. Une œuvre très vivifiante, destinée à préparer la venue du compositeur autrichien en Angleterre. Mais il faudra attendre près d’une dizaine d’années pour que cette tournée se réalise.

On sait que le 25 octobre 1784, Joseph Haydn rédige et envoie une lettre à son éditeur londonien, William Foster. Il est alors le compositeur attitré (et un peu prisonnier, disons-le) de son employeur et mécène le prince Esterházy, bienveillant mais assez exclusif !

À Londres, on connaît déjà bien le compositeur et on l’admire déjà beaucoup. Depuis le début des années 1780, les organisateurs de concerts et les éditeurs espèrent une venue du maître, mais ils devront prendre leur mal en patience car Haydn ne fait sa première tournée londonienne qu’au début de la décennie suivante.

En attendant, il peut tout de même envoyer ses œuvres pour publication à des éditeurs en Europe. À Londres, l’heureux élu est donc William Foster. Voici deux cent trente-sept ans, il lui envoie donc avec sa lettre trois trios tout neuf. Mais en réalité, un seul est de lui. Les deux autres ont pour auteur Ignaz Pleyel, qui est son élève. Le sien est donc son dix-huitième trio, très vivifiant, comme toujours chez Haydn.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »