Instant classique – 26 octobre 1873… 146 ans jour pour jour. C’est peut-être la moins connue et la moins jouée des neuf, mais cette seconde symphonie « mature » de Bruckner est incontestablement plus maîtrisée et aboutie que la précédente.

Le compositeur la met en chantier (et chez lui, ce n’est pas un vain mot), en 1871 à Vienne, même si les premières esquisses datent d’une tournée londonienne. Anton Bruckner mettra un an à la terminer, chez lui, à Saint-Florian. Il la dédie à Franz Liszt, qui est enthousiasmé par l’œuvre et essaie de la faire jouer dès son achèvement, sans y parvenir. C’est Bruckner qui en dirigera (maladroitement) la création il y a tout juste 146 ans à Vienne, remportant un des rares succès immédiats de sa carrière.

Les auditeurs de l’époque ont semble-t-il été séduits par la clarté de la partition, moins foisonnante et mieux encadrée que la première. C’est parce qu’elle lui semblait « aérée » que le premier biographe de Bruckner, Göllerich, l’a surnommée « symphonie de la Haute-Autriche », surnom qu’elle n’a heureusement pas conservé.

Comme à son habitude, Bruckner n’a pas pu s’empêcher de la modifier, la corriger, la couper ici ou là, jusqu’à une version définitive de 1877. Par chance, ces modifications – pas toujours heureuses dans les autres symphonies – sont restées limitées.

En voici le quatrième et dernier mouvement, avec Chicago et Solti à la baguette.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »