28 décembre 1777 : une messe pour des voix d’enfants

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Écrasé par l’aura de son frère aîné, Michael Haydn n’a jamais réussi à s’imposer. Et pourtant, quel compositeur ! On pense évidemment à son Requiem. Mais il y a aussi sa messe brève, rayonnante, qui est créée il y a 244 ans jour pour jour. Une œuvre très douce qui fait la part belle aux voix d’enfants.

Michael Haydn est le petit frère du grand Joseph. Compositeur lui aussi, et pas des plus mauvais, son prénom a été occulté par celui de son frère, mais pas forcément à son époque, durant laquelle il bénéficiait d’une bonne renommée. Il est aujourd’hui encore surtout connu pour ses nombreuses œuvres religieuses, dont le point d’orgue, si j’ose dire, est son Requiem de 1771, chef-d’œuvre que Mozart, pour le sien vingt ans plus tard, n’oublie pas.

Mais le 28 décembre 1777, point de Requiem ! C’est au contraire une messe brève plutôt rayonnante qui est créée ce jour-là, pour la fête des Saints-Innocents. M. Haydn, qui l’a terminée quelques jours auparavant, se trouve à la tête du petit orchestre (cordes sans altos et orgue) et du chœur d’enfants de la cathédrale de Salzbourg, ville où Haydn est le konzermeister et compositeur, à l’instar des Mozart, mais une coudée devant Leopold, père de Wolfgang, qui – semble-t-il – jalousait un peu son confrère.

Il s’agit donc d’une messe très douce en cinq parties traditionnelles qui fait la part belle aux voix d’enfants. Aujourd’hui, on la fait plutôt chanter à des chœurs féminins ou mêlés. Comme dans cet « Agnus Dei « final, dont la solennité cède in fine la place à un chant très vocalisé plein de lumière.

Cédric MANUEL



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