Instant classique – 28 décembre 1878… 142 ans jour pour jour. Vincent d’Indy compose un quatuor avec piano que la critique n’hésite pas à qualifier de trop moderne : une œuvre parfois jugée naïve, que le compositeur lui-même relèguera par la suite aux oubliettes.

Trop moderne ! Voilà ce que la critique, pas souvent très obligeante, déclare au lendemain de la création de ce quatuor avec piano de Vincent d’Indy dédié à Léon Reynier, grand violoniste auquel César Franck dédiera son propre quatuor quelques années plus tard. D’Indy était au piano lors de cette création, voici tout juste cent quarante-deux ans aujourd’hui et on peut donc penser que Léon Reynier et ses compères de La Trompette, société française de musique de chambre créée en 1860, accompagnaient le compositeur. Création pas très bien accueillie, donc.

Ce dernier n’a que vingt-sept ans lorsqu’il présente cette œuvre parfois jugée naïve et que le très intransigeant d’Indy ne tardera pas lui-même à reléguer aux oubliettes, non sans avoir essayé de la modifier quelques années après, modifications au terme desquelles l’œuvre est publiée par Alfred Bruneau en 1889.

« C’est une vieillerie que je n’aime pas beaucoup jouer » dira même d’Indy à la fin de sa vie, quarante ans plus tard. Il n’y a pas grand-chose à en dire (pas forcément du mal non plus d’ailleurs), sinon que comme bien d’autres compositeurs à des moments de leur carrière, d’Indy y subit des influences diverses – en particulier celle de César Franck, justement – et qu’il cherche encore sa voie. Rien d’anormal, ni rien de déshonorant !

J’ai retenu de cette partition le mouvement lent, une ballade nostalgique et charmante dont d’Indy reprend le thème dans les dernières mesures du troisième mouvement, ce quatuor n’ayant en effet que trois mouvements.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »