Instant classique – 29 décembre 1878… 142 ans jour pour jour. Antonín Dvořák compose son septième quatuor à cordes, une œuvre de fin d’été à déguster avec un chocolat chaud un après-midi d’hiver. On y retrouve ce qui fait le charme de la musique du Tchèque : tendresse, douceur, chant et sens mélodique.

Vysoka, c’est une petite ville située à cinquante kilomètres au sud-ouest de Prague, où Antonín Dvořák se rend chaque été depuis 1877 à l’invitation du comte Kounič, son beau-frère, la première fois étant le jour du mariage de sa belle-sœur Josefina – sœur de la femme du compositeur – avec cet aristocrate, homme politique influent et mécène. Les Dvořák, qui aiment beaucoup l’endroit, logeront les étés où ils viendront, dans une élégante maison près du château.

Mais notre compositeur du jour connaissait déjà ces lieux calmes et agréables où il réalisera plusieurs de ses très grands chefs-d’œuvre. C’est là qu’il avait composé en dix jours, à la mi-septembre 1874, son septième quatuor à cordes, le premier qui sera imprimé et publié chez Emmanuel Stary dès 1876. Il ne sera néanmoins créé en public que deux ans plus tard à la Société de musique de chambre de Prague, voici tout juste cent quarante-deux ans (par un curieux hasard dont personne n’a jamais rien su, le lendemain du quatuor avec piano de d’Indy dont nous parlions hier et qui n’a de fait absolument rien à voir).

La partition est dédiée à un chef d’orchestre, Ludevít Procházka et sera révisée par Dvořák quelques années plus tard avant d’être publiée à nouveau sous sa nouvelle forme. Le quatuor a quatre mouvements (comme il se doit) et on y retrouve comme toujours tout ce qui fait le charme de la musique du Tchèque : tendresse, douceur, chant et sens mélodique. Un quatuor de fin d’été à déguster avec un chocolat chaud un après-midi d’hiver, ici avec le somptueux et légendaire Quatuor de Prague.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »