À seize ans, Schubert achève sa première symphonie, il y a 208 ans aujourd’hui. Si cette œuvre lorgne beaucoup du côté de ses illustres devanciers, elle porte aussi un langage très séduisant, puissamment mélodique et plein de promesses.

Cette fois, à seize ans, Franz Schubert se décide : il termine voici deux cent huit ans sa toute première symphonie.  Jusque-là, il n’avait composé « que » des ouvertures dont on peut penser qu’il pouvait s’agir d’esquisses ou d’essais (ou peut-être pas !). En revanche, on sait qu’il s’intéresse beaucoup, au printemps, à la dernière symphonie de Mozart, la fameuse Jupiter. On sait aussi qu’il a certainement eu quelques peines à la terminer au regard de l’inscription manuscrite latine qui figure à la fin de la partition : « Finis et fine », comme un soupir de soulagement.

Il dédie sa nouvelle œuvre à l’austère directeur du Konvikt, sorte de conservatoire où il poursuit ses études musicales, Franz Innocenz Lang. On sait que ce personnage n’est pas particulièrement sympathique, mais il semble qu’il apprécie Schubert et sans doute perçoit-il son potentiel (le cas contraire eût donné une piètre idée du pédagogue qu’il était !). On est à peu près sûrs aussi que Schubert a pu faire exécuter sa symphonie par le petit orchestre d’élèves du Konvikt.

On ne peut pas être étonné, avec ce jeune homme de seize ans à peine – quoique déjà expérimenté ! – que sa première symphonie achevée lorgne beaucoup du côté de ses illustres devanciers. C’est bien normal même si pointe le langage si séduisant, puissamment mélodique et plein de promesses de Schubert lui-même, fort bien rendu par Claudio Abbado avec l’orchestre de chambre d’Europe.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »