Instant classique – 28 octobre 1813… 206 ans jour pour jour. Cette année-là, Franz Schubert a seize ans à peine. Il n’a pas beaucoup écrit pour l’orchestre. Quelques ouvertures tout au plus. On ne sait donc pas bien pourquoi tout à coup il se lance dans une entreprise plus ambitieuse avec l’écriture d’une symphonie entière.

On a pu croire qu’il s’agissait d’une commande de la part du directeur du Stadtkonvikt, sorte de conservatoire où il avait été admis cinq ans plus tôt, et dans l’orchestre duquel il tenait d’abord la place de second violon, avant d’en devenir le chef. On a pu le penser car la symphonie est dédiée à ce Franz Innocenz Lang, directeur triste et très sévère de cette institution que, contrairement à une réputation tenace, ses élèves ne détestaient pas.

On ne sait pas combien de temps Schubert a mis pour composer cette première symphonie, mais il étudiait de près les symphonies de Haydn et la Jupiter de Mozart lors du printemps 1813. Elle lui a sûrement coûté beaucoup d’efforts car il écrit, à côté de la double barre de mesure qui la clôture, la mention qui sert de titre à cette chronique, avec la date.

Pour un coup d’essai, c’est un vrai bijou que Schubert a conçu, avec une œuvre assez richement orchestrée et pleine d’idées mélodiques, qui lorgnent en effet davantage du côté de Haydn et Mozart que de Beethoven.

En voici l’intégralité dans l’interprétation aérienne de Claudio Abbado à la tête de l’Orchestre de chambre d’Europe, car il s’agit d’une œuvre qui se prête bien aux formations de petite taille.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »