Instant classique – 29 juin 1889… 130 ans jour pour jour. Alexandre Glazounov (1865-1936) n’est pas le plus connu des compositeurs russes du tournant du XXe siècle. Il est d’ailleurs un peu moqué par les modernistes qui lui préfèrent Scriabine, son contemporain, ou bien sûr Prokofiev ou Stravinsky.

Et les nostalgiques de Tchaïkovsky ou de Rimsky-Korsakov en font peu de cas. Erreur ! C’est le chaînon qui les relie tous. Dès son adolescence, il se place sous l’aile de Rimsky-Korsakov et de Balakirev, et apprend la composition auprès d’eux sans jamais entrer au conservatoire de Saint-Pétersbourg, sa ville natale. Conservatoire qu’il dirige pourtant pendant vingt-trois ans, résistant d’abord à la tourmente révolutionnaire avant d’être contraint à l’exil (il meurt en 1936 à Neuilly-sur-Seine).

Compositeur prolifique, son style reste très marqué par ses aînés ; il fait la synthèse entre Tchaïkovsky et le groupe des cinq dont font partie ses deux professeurs. À seize ans, en 1882, il avait composé une timide première symphonie.

Quatre ans plus tard, il en fait une seconde, dédiée à Liszt qui vient de mourir et qui avait défendu le jeune compositeur dès le départ. De facture plus affirmée, la symphonie est profondément russe et très réussie. Glazounov en dirige lui-même la création trois ans plus tard, le 29 juin 1889, lors de l’Exposition universelle de Paris, durant laquelle sont donnés des « concerts russes ».

En voici le premier mouvement, qui ne manque pas d’allure, sous la baguette experte de Svetlanov à la tête d’un orchestre dont la « russitude » est aisément reconnaissable à ses cuivres.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »