Jacques Ibert crée il y a 91 ans aujourd’hui, un divertissement rempli de facéties, de pastiches, de lumière, bref d’une gaieté qui devrait illuminer votre journée.

Si jamais il vous vient l’envie de répondre à la fatidique question « comment ça va aujourd’hui ? » par un tonitruant et désolé « comme un lundi », voire « comme un mardi » ou encore « comme un mercredi », voire « comme un jeudi », le vendredi échappant généralement et bizarrement à cette série, écoutez donc cette partition de Jacques Ibert.

Vous vous souvenez, Jacques Ibert, c’est ce compositeur français un peu oublié qui fut très longtemps directeur de la Villa Médicis à Rome et qui le fut même deux fois, puisque nommé à nouveau après la guerre, le régime de Vichy l’ayant révoqué. Ibert est l’auteur d’un grand nombre d’œuvres assez différenciées, dans un style bien à lui qui ne plaît pas à tout le monde, mais qui est très accessible et souvent séduisant et inventif. Ce « Divertissement », composé pour orchestre de chambre en 1928 et créé voici quatre-vingt-onze ans, est rempli de facéties, de pastiches, de lumière, bref d’une gaieté qui, je l’espère, illuminera votre journée.

Au départ, il s’agissait d’une musique de film, supposée accompagner une adaptation du Chapeau de paille d’Italie d’Eugène Labiche. Puis Ibert en a fait une suite de pièces.

L’introduction donne le ton cocasse du tout, débouche sur un petit cortège, vite remplacé par une marche – vous reconnaîtrez à deux reprises les citations de la marche nuptiale de Mendelssohn –, puis un beau nocturne très sérieux. Mais ce sérieux s’envole bien vite avec les valses drolatiques, pastiches de Strauss transposées pour un salon chic. On entend ensuite une réjouissante parade, qui aboutit au finale déjanté et parfaitement réjouissant qui vous conduira tout droit dans une ambiance de cirque, d’où le tableau fort connu de Seurat qui illustre le petit clip.

De la gaieté et du burlesque, je vous dis.
Alors, faites-vous plaisir !

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »