Instant classique – 31 janvier 1894… 126 ans jour pour jour. À vingt ans, Rachmaninov compose des « morceaux de salon », sorte d’exercices appliqués qui révèlent déjà les grandes dispositions du compositeur-pianiste. Des partitions tour à tour rêveuses et entraînantes.

Il est encore bien jeune, Serge Rachmaninov, lorsqu’il compose ses sept « morceaux de salon » (en français dans le texte). Il n’a en effet que vingt ans et ces pièces plutôt brèves ressemblent parfois à des exercices appliqués, mais déjà très révélatrices des grandes dispositions du compositeur-pianiste.

Ce 31 janvier 1894 (je ne sais pas si c’est le calendrier julien ou grégorien, mais faisons comme si), il crée lui-même une partie de ces partitions tour à tour rêveuses et entraînantes. Ainsi, un nocturne très chopinien ouvre la série, suivi d’une valse des plus élégantes, elle aussi assez inspirée par le style de Chopin. La barcarolle suivante s’appuie sur une mélodie russe un peu triste, dans une atmosphère fantomatique assez fascinante. La mélodie qui lui succède fait penser à un chant tzigane assez nostalgique accompagné à la guitare. L’humoresque est plutôt capricieuse. C’est une pièce que Rachmaninov reprendra d’ailleurs en 1940 pour la booster encore davantage. La romance est très introspective et enfin une mazurka assez sage conclut le petit cycle.

Rachmaninov, bien que créateur de ces morceaux, les dédie à un autre pianiste particulièrement réputé de son temps, son compatriote Paul Pabst, dont Tchaïkovsky disait qu’il était « béni de Dieu », ce qui n’a pas empêché le pauvre Pabst de mourir à quarante-trois ans en 1897.

Cédric MANUEL

 



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