Instant classique – 31 octobre 1875… 145 ans jour pour jour. Saint-Saëns compose son quatrième concerto pour piano, le meilleur de toute sa production concertante. Une pièce assez vivifiante en cette saison qui vire au gris.

Personne n’a jamais songé à demander à Camille Saint-Saëns pourquoi la décennie 1870 a été pour lui si fructueuse. C’est à cause de la guerre, qui exalte son patriotisme ? L’avènement de la République ? Est-ce parce que ce vieux célibataire se marie en 1875 ? Il n’en reste pas moins que sa production prend un tour triomphal après 1870 : des poèmes symphoniques devenus célèbres, un opéra – Samson et Dalila – qui compte parmi les grands chefs-d’œuvre de l’art lyrique français, un magnifique concerto pour violoncelle…

Le compositeur, qui a quarante ans en octobre 1875, se lance dans un nouveau concerto pour piano. Ce dernier, dédié à un certain Antoine Door, professeur de piano à Vienne, est créé au théâtre du Châtelet par l’orchestre Colonne voici juste cent quarante-trois ans.

Des trois précédents, seul le second avait attiré – et attire – l’attention. Mais c’est le quatrième qui constituera le meilleur opus de la série concertante. Il ne fait pas de doute que Saint-Saëns s’inspire de Franz Liszt, qui l’a tant aidé et qui l’aidera encore à faire connaître ses œuvres.

Un peu comme les concertos de Liszt, son quatrième est divisé en deux grandes parties, pleines d’idées, d’énergie et de brio, dans un long dialogue piano-orchestre tout à fait intéressant. On y entend au début de l’allegro vivace central un petit thème qu’il me semble avoir déjà entendu chez Jacques Offenbach, en particulier dans La Belle Hélène (et alors, Camille, c’est pas beau de copier ses petits camarades !). Mais on oublie tout ça bien vite, lorsqu’après une dernière partie andante, il nous mène au triomphe.

Je dois dire que pour un matin tout gris, je trouve cela pour ma part assez vivifiant. Jugez plutôt, ici avec un immense pianiste hexagonal, Robert Casadesus, sous la baguette rien moins que fougueuse et attentive de Bernstein, pour ne pas changer !

Cédric MANUEL

 



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