Instant classique – 7 décembre 1871… 148 ans jour pour jour. Ah mince, à un an près, Niels Gade – LE grand compositeur danois avant Nielsen – aurait pu créer une symphonie pour mes -100 ans. Raté, Niels ! Mais merci quand même, puisque cette huitième symphonie, sa dernière (il est pourtant mort presque vingt ans plus tard), est une œuvre qui s’écoute avec plaisir, comme toutes les autres d’ailleurs.

Courte, elle porte la marque de Schubert, et notamment de la symphonie inachevée de ce dernier, que Gade avait créée pour la première fois au Danemark en 1869. Il semble qu’il ait beaucoup hésité sur la forme définitive de son œuvre ; il l’a beaucoup remaniée avant de la dédier à l’académie royale de musique de Suède.

Mais, même si on peut la considérer comme un peu datée pour l’esthétique symphonique de 1871, qui, en Europe, se tournait alors vers une instrumentation plus fournie et des audaces harmoniques nouvelles, elle n’en reste pas moins d’une légèreté et d’une clarté réjouissantes, en écho à Schubert mais aussi à Mendelssohn.

Le finale, plus héroïque, clôt l’œuvre de façon jubilatoire. On se dit en l’écoutant que c’est vraiment dommage que ce grand compositeur, ami de tant d’autres et notamment de Schumann, protecteur et mécène – par exemple d’Edvard Grieg – ne soit pas mieux connu ni davantage reconnu hors de son Danemark natal.

Une musique qui fait du bien : écoutez donc le mouvement lent, le troisième ici, « Andantino », plein d’une poésie toute romantique.

La voici dans son intégralité (elle dure moins de 30mn), finement interprétée par l’orchestre symphonique de la radio nationale danoise, avec à sa tête le regretté et inattendu Christopher Hogwood.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »