Instant classique – 7 mars 1821… 200 ans jour pour jour. Dans Le petit village de Franz Schubert, nous entendons une mélodie très simple et très douce, qui donne une atmosphère sereine et pastorale qui a beaucoup contribué à son succès. Un concert à marquer d’une pierre blanche dans la vie du compositeur, tant les exemples de succès publics sont rares !

Ils ne sont pas si fréquent, les exemples de succès publics du jeune Franz Schubert lors de la création d’une œuvre. Comme on sait, une très grande partie de ses partitions a été réalisée et jouée dans des cercles plutôt fermés, entre amis, ou est restée dans les tiroirs ou dans les armoires des maisons d’édition, ne sortant de l’oubli que grâce au dévouement et à l’attention d’amis attentionnés et pleinement conscients du génie gigantesque du compositeur.

Aussi, le concert du 7 mars 1821 est-il à marquer d’une pierre blanche dans la vie de Schubert et dans la nôtre puisqu’il a deux siècles tout rond aujourd’hui. Le jeune homme de vingt-quatre ans présente notamment ce soir là pour la première fois à un cercle d’auditeurs plus large que d’habitude (devant la « Société des Dames nobles pour la promotion du bien et de l’utile »…) son immortel lied Le roi des Aulnes, peut être l’un des plus beaux, dont je vous ai raconté l’histoire.

Lors du même concert, entre deux arias de Mozart, un tableau vivant inspiré de Van Dyck et un duo de Rossini, on entend aussi de Schubert Le chant des esprits des eaux, inspiré de Goethe (qui est accueilli très froidement) et le quatuor vocal Le petit village, qui nous occupe aujourd’hui. Comme le Roi des Aulnes, ce petit chœur plaît beaucoup. Il sera repris plusieurs soirs de suite.

Schubert avait déjà eu l’idée d’adapter un poème de Gottfried August Bürger en 1817, mais n’était pas allé jusqu’au bout. Il reprend ce travail un peu plus tard pour chœur cette fois et l’achève en avril 1819, à quelques semaines près. Il raccourcit un peu le récit, pour n’en garder que les éléments descriptifs du village, sans aucune référence aux personnages. Le tout sur une mélodie très simple et très douce, qui donne une atmosphère sereine et pastorale qui a beaucoup contribué à son succès, même s’il ne s’agit pas là de la plus grande partition de son auteur.

Il semble que ce petit chœur avait été écrit pour une formation devant chanter a capella. Mais lorsque l’œuvre est publiée, en 1822, elle comporte un accompagnement piano, dont l’authenticité n’est pas avérée. Cependant, c’est avec cet accompagnement que le prestigieux Arnold Schoenberg Choir l’a enregistré ici.

Cédric MANUEL

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