Frédéric Chopin compose une barcarolle, mélodie tirée du chant des gondoliers à Venise. Une œuvre italianisante, « sérénissimisante » même, qui irradie de lumière, de passion, de chaleur. En voici une merveilleuse interprétation, avec la grande Martha Argerich.

La barcarolle, c’est une mélodie tirée du chant des gondoliers à Venise, non pas littéralement car il n’y en a pas une pareille, mais en matière de rythme. C’est le 7 octobre 1846 que paraît à Londres, chez Wessel & co, l’unique barcarolle composée par Frédéric Chopin, qui porte l’opus 60. Elle est publiée peu après à Paris.

Chopin a pris son temps pour la composer : commencée en 1845, elle n’est achevée que pendant l’été 1846, chez George Sand à Nohant, le dernier qu’il y passe avant leur rupture.

Les connaisseurs vous diront peut-être que cette barcarolle est sans doute italianisante, « sérénissimisante » même, mais qu’elle ressemble d’abord aux nocturnes. C’est étrange, cela, tout de même. A-t-on déjà vu le soleil pendant la nuit ? Cette barcarolle irradie de lumière, de passion, de chaleur. Si c’est un nocturne, il ferait penser à une heureuse nuit d’été durant laquelle on a envie de vivre et d’aimer. C’est si beau et, d’ailleurs si moderne qu’il faut se tourner vers Ravel pour en mesurer toute l’importance. Profondément admiratif, le génie basque dit de cette barcarolle qu’elle se conclut en « mystérieuse apothéose ».

Pour vous en donner une idée, demandons un peu (à nouveau !) à la grande Martha Argerich, qui s’y connaît en chaleur et en passion.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »