Instant classique – 8 décembre 1853… 166 ans jour pour jour. En 1853, Camille Saint-Saëns a dix-huit ans, mais déjà une vraie carrière à son actif. Il a donné son premier concert salle Pleyel en 1846, à onze ans, comme soliste au piano, dans des concertos de Beethoven et Mozart. Il y fait non seulement sensation mais écrit lui-même une cadence pour l’un des concertos de Mozart.

Camille Saint-Saëns n’entre au Conservatoire qu’après cela et y parfait une formation déjà très solide. En 1853, il est ainsi nommé organiste de l’église Saint-Merri à Paris et c’est alors qu’il compose sa première symphonie, au début de l’été. Il le fait de façon anonyme pour un concert dirigé par François Seghers, à qui la symphonie est dédiée.

Berlioz et Gounod assistent à ce concert et, une fois l’auteur connu, lui envoient force compliments, même si Berlioz aurait dit : « Il a tout, mais manque d’expérience. » En quelques mois et malgré son jeune âge, Saint-Saëns devient une vraie célébrité.

Cette première symphonie, foisonnante, pleine d’idées encore peut-être mal ordonnées sur le plan de la structure, est injustement oubliée. Pour le grand public, les symphonies de Saint-Saëns se résument à sa fameuse et majestueuse symphonie pour orgue. Il n’en reste pas moins que pour un coup d’essai, cette première « officielle » (il y en aura cinq en tout, même si seules trois portent un numéro) est une vraie réussite.

En voici le finale solennel, certes un peu grandiloquent, mais où l’on trouve déjà la veine mélodique du compositeur que beaucoup trouvent hélas trop peu original. Vous aurez compris que je ne partage pas leur avis… Justice lui soit donc faite, ici avec l’orchestre de la RTF dirigé par Jean Martinon, qui a laissé une magnifique intégrale des symphonies.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »