Instant classique – 8 février 1844… 177 ans jour pour jour. Violoniste de formation, le compositeur tchèque Johann Wenzel Kalliwoda n’a jamais fait de tournées européennes pour présenter ses œuvres, si bien qu’il reste totalement inconnu. C’est bien dommage car en écoutant ses compositions pour orchestre, par exemple, on est vraiment saisi par l’énergie communicative qui en émane…

Parmi les compositeurs oubliés aujourd’hui – en tout cas dans nos contrées et si tant est qu’il soit connu ailleurs – en voici un que j’ai découvert il y a peu. Johann Wenzel Kalliwoda est un compositeur tchèque (1801-1866), qui a passé toute sa vie professionnelle comme maître de chapelle du duc Carl Egon II, prince de Fürstenberg. Non, ce n’est pas un personnage de Spirou (et d’ailleurs la petite place Fürstenberg – du nom d’un abbé de Saint-Germain-des-Prés, issu de la même famille, est l’une des plus jolies de Paris), mais un vrai duc qui résidait à Donaueschingen, en pleine Forêt-Noire.

Kalliwoda reste à son service (compositeur de la cour et du clergé du coin, directeur du chœur et de l’orchestre locaux, organisateur d’excursions musicales pour l’éducation des enfants – on suppose qu’il s’agissait de ceux de la cour ducale) pendant toute sa vie. À la mort de Carl Egon II, le nouveau duc (appelé de façon très originale Carl Egon III), qui avait fui les révolutions de 1848, s’intéresse moins aux œuvres de son maître de chapelle, lequel s’installe finalement à Karlsruhe où il mourra en 1866, quelques mois après avoir pris sa retraite. Aussi prisonnier que pouvait l’être Joseph Haydn chez les Esterhazy, Kalliwoda n’avait même pas essayé, contrairement à son grand aîné autrichien, de faire des escapades en Europe pour présenter ses œuvres et défendre ses partitions, ce qui explique qu’on les connaisse peu aujourd’hui.

En effet, Kalliwoda est un violoniste de formation, qui laissera plusieurs centaines d’œuvres aujourd’hui totalement oubliées mais heureusement publiées, le plus souvent chez Peters à Leipzig. C’est bien dommage car en écoutant ses compositions pour orchestre, par exemple, on est vraiment saisi par l’énergie communicative qui en émane.

Il y a cent soixante-dix-sept ans aujourd’hui son Introduction et variations pour clarinette et orchestre (il existe une version pour piano) est présentée devant la cour ducale. Elle n’est sans doute pas des plus originales, mais elle ne manque pas de maîtrise et de finesse. J’ignore comment j’ai pu trouver qu’elle a effectivement été créée ce 8 février 1844, car il y a fort peu de documentation sur ce compositeur, mais cela permet de rendre hommage à un créateur totalement occulté tout en passant un moment fort agréable, en particulier grâce à la sonorité si envoûtante de la clarinette.

Cédric MANUEL

 



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